Le groupe France Agricole racheté par Isagri et Sofiprotéol
Le groupe d'informatique agricole Isagri a confirmé vendredi dans un communiqué son projet de rachat, en partenariat avec Sofiprotéol, établissement financier de la filière huiles et protéines végétales (Prolea), du groupe de presse France Agricole.
L'opération, dont le montant n'a pas été précisé, concerne l'ensemble du groupe dont 80% est actuellement détenu par le fonds d'investissement Pragma Capital et 20% par les cadres, a-t-on appris auprès d'Isagri.
Le schéma prévoit une participation de 75% pour Isagri. Sofiprotéol, dont Xavier Beulin, le nouveau patron de la FNSEA, est le président, sera le partenaire financier à hauteur de 25%.
L'opération doit être bouclée au cours du 1er trimestre 2011.
Pragma s'était porté acquéreur de France Agricole en janvier 2005. Leader de la presse agricole, le groupe France Agricole édite, outre l'hebdomadaire homonyme, une dizaine de magazines et de lettres d'information.
Parmi les magazines figurent "La Vigne", "L'éleveur laitier" ou encore "Agro-distribution". Le groupe s'est aussi développé sur le web en créant plusieurs sites internet et dans l'événementiel avec l'organisation d'un salon sur les matériels agricoles. Le groupe compte 200 collaborateurs. En 2009, son chiffre d'affaires avoisinait les 40 millions d'euros.
Cette acquisition s'inscrit dans le projet de développement de l'activité média d'Isagri. En 1997, Isagri avait lançé son premier portail web d'informations agricoles (www.terre-net.fr). Aujourd'hui son pôle média, Terre-net Média, compte quatre portails et une web TV qui attirent chaque mois plus de 200.000 agriculteurs, selon Isagri.
La société, qui se présente comme "le leader européen de l'informatique pour l'agriculture, la viticulture et la profession comptable", est un groupe familial créé en 1983 par Jean-Marie Savalle, président directeur général.
L'entreprise compte aujourd'hui 880 collaborateurs et 107.000 clients, répartis en France, en Europe et au Canada. Elle réalise un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros
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gasoil non routier
- Didier Cairon. Entrepreneurdans le Calvados, président d'EDT (entreprises de travaux agricoles) Normandie.Ouest-France
À l'image de la profession dans son ensemble, les entrepreneurs de travaux agricoles de Normandie s'inquiètent aussi de l'utilisation prochaine de ce carburant en lieu et place du fuel agricole.
Le gasoil non routier, de même couleur rouge, va remplacer, à compter du 1er mai, le fuel agricole. De quoi inquiéter les entrepreneurs ?
L'usage obligatoire du gasoil non routier émane d'une décision européenne, parce qu'il émet cent fois moins de soufre que le gasoil. Les engins automoteurs, comme les moissonneuses-batteuses et les ensileuses automotrices, devront rouler avec, dès le 1er mai. Pour les tracteurs, ce sera obligatoire le 1er novembre. De nombreuses questions restent encore sans réponse de la part des pétroliers et des distributeurs. Le prix, d'abord. Il pourrait être autour de 20 € plus cher les mille litres, par rapport aux prix actuels. Mais rien n'est moins sûr. La question de garantie ensuite, puisqu'il aura la même couleur que le fuel agricole. Des questions techniques enfin, concernent le stockage, le gasoil d'été et d'hiver, la compatibilité des moteurs de nos matériels avec ce nouveau carburant.
Que représentent les entreprises de services agricoles forestiers et ruraux en Normandie (1) ?
Notre syndicat regroupe les cinq départements normands, soit 1 268 entreprises qui emploient 3 591 salariés. Elles sont en progression dans le paysage agricole et forestier régional. Le métier change. Ainsi, certains clients agricoles, dans les secteurs de plaine et particulièrement en Haute-Normandie, délèguent la totalité des tâches de culture de leur ferme à une entreprise. Ceux-ci consacrent entièrement leur temps à la gestion et à la commercialisation de leur production.
Vous développez des relations en direction des jeunes. Vos métiers sont méconnus ?
Oui. Pourtant, dans le domaine du machinisme, ils donnent de bonnes perspectives d'emploi. Il y a des besoins pour reprendre des affaires dont les responsables arrivent à la retraite. Et nous avons toujours des difficultés à trouver des collaborateurs efficaces ayant le sens des responsabilités. Le partenariat que nous venons d'initier avec l'Institut rural d'éducation et d'orientation de Condé-sur-Vire, dans la Manche, et les chefs d'entreprises locales permet, par exemple, d'améliorer les parcours de formation pour offrir des emplois de plus en plus stables.
Nicolas Sarkozy veut préserver la Pac et la rendre plus juste
"On ne peut avoir à la fois des prix qui augmentent et qui explosent et en même temps des soutiens", a-t-il déclaré à l'adresse des producteurs de grandes cultures. "Les soutiens doivent aller a ceux qui souffrent, qui en ont besoin."
TRUCHTERSHEIM, Bas-Rhin (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis mardi de se battre pour le maintien de l'Europe verte tout en réclamant une réorientation plus franche en faveur des filières les plus fragiles, comme l'élevage ou le lait.
Le chef de l'Etat, qui présentait ses voeux au monde agricole, s'est engagé en outre à poursuivre ses efforts pour rendre le secteur plus compétitif afin de lui permettre de faire face à la concurrence accrue de pays comme l'Allemagne.
Alors que l'Union européenne prépare une réforme de la Politique agricole commune (PAC) pour 2013, il a indiqué qu'il s'opposerait à toute baisse du budget qui lui est alloué.
Selon lui, Paris a fait preuve de sa solidarité en s'engageant pour près de 100 milliards d'euros pour le soutien aux pays mis en difficulté par la crise de la dette.
"Nous n'avons donc pas à nous excuser de défendre le budget de la Politique agricole commune", a-t-il dit.
Il a estimé que l'Europe verte devait avant tout soutenir une meilleure organisation des producteurs en même temps que devenir plus juste, à l'image des aides accordées ces dernières années à l'agriculture de montagne au détriment des cultures céréalières, ce qui a créé des remous en France.
"On ne peut avoir à la fois des prix qui augmentent et qui explosent et en même temps des soutiens", a-t-il déclaré à l'adresse des producteurs de grandes cultures. "Les soutiens doivent aller a ceux qui souffrent, qui en ont besoin."
Face à la flambée des prix des céréales, il a prôné une contractualisation des relations entre éleveurs, producteurs et fournisseurs d'aliments pour le bétail, souhaitant la conclusion d'un accord avant la fin du premier semestre.
RECONQUÊTE DE L'ÉLECTORAT RURAL
Il s'agissait de la huitième intervention de Nicolas Sarkozy consacrée à l'agriculture et à la ruralité depuis les élections régionales de mars dernier, le chef de l'Etat s'efforçant depuis de reconquérir un électorat rural traditionnellement favorable à la droite mais qui avait alors fait défaut à l'UMP.
En prélude à son déplacement en Alsace, le Journal Officiel a publié mardi le décret autorisant la circulation des camions de 44 tonnes sur les routes pour le transport des céréales.
Annoncée au printemps dernier, cette disposition était réclamée de longue date par le monde agricole pour des raisons de coûts mais elle était combattue par les écologistes.
Tout en reconnaissant qu'il pouvait y avoir des "intérêts contradictoires" entre l'agriculture et l'écologie, le président a estimé qu'il fallait s'efforcer de concilier les deux et critiqué les "idéologues" qui contestent la réalité économique.
"Ceux qui veulent opposer environnement et agriculteurs, ce sont ceux qui voudraient vous transformer en jardiniers ou en cantonniers", a-t-il estimé.
Evoquant un sujet sensible dans l'agriculture française et surtout en Alsace, il a promis d'aider les producteurs de lait et les éleveurs à faire face à la concurrence déloyale de l'Allemagne, qui emploie une main-d'oeuvre "à des conditions sociales qui ont peu à voir avec ce qui se passe en France".
"Si on veut qu'il y ait des agriculteurs producteurs de lait, des éleveurs en France, il faut qu'on les mette dans une situation de compétitivité à armes égales avec nos amis allemands", a-t-il déclaré.
Il a enfin accédé à une autre revendication des viticulteurs, qui lui avait été rappelée mardi matin lors de la visite d'une ferme dans la plaine d'Alsace, en dénonçant en termes virulents la suppression des droits de plantation qui encadrent la culture de la vigne.
Prévue à compter de 2016 dans toute l'UE, cette initiative mène selon lui à la catastrophe en poussant à l'augmentation de la production au moment où la consommation de vin diminue dans le monde et où de nouveaux pays se lancent dans la vigne.
"Je ne sais pas qui a pensé à cette idée, mais il faut qu'il change d'avis", a-t-il dit.
Viande bovine: "l'Etat complice de la grande distribution"
"Les conclusions de cette étude sont affligeantes", estime la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles dans un communiqué. Ce rapport préliminaire, rempli d'incertitudes" est selon elle "marqué par des données incomplètes, d'ailleurs souvent fournies par les industriels et la distribution eux-mêmes".
Le syndicat "s'étonne" notamment que le rapport ne prenne pas "en compte des données de l'Insee, institut chargé des statistiques officielles françaises, qui montrent une hausse des marges brutes de 2 euros par kilo de carcasse".
"A la place, ce sont des données d'un groupe britannique privé dont le travail et l'indépendance peuvent être largement discutés qui ont été retenues", poursuit l'organisation.
"Grâce à ce tour de passe-passe et à différents calculs et conversions obscures, la hausse de marges des industriels et de la distribution a été +miraculeusement+ divisée par deux (...) pour s'établir à à peine plus de un euro!", dit-elle.
"Nous demandons des actes et pas des discours s'appuyant sur des études tronquées qui écoeurent tout le monde", a expliqué à l'AFP le président de l'organisation, Patrick Benezit.
Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a dit jeudi vouloir restructurer en "urgence" cette filière, après la remise du rapport de l'économiste Philippe Chalmin, qui, tout en confirmant la précarité du monde de l'élevage, ne reprend pas les propos des agriculteurs à l'encontre des industriels et distributeurs, accusés de capter l'essentiel des marges