PAC Une bonne dose d'environnement
Une bonne dose d'environnement dans la nouvelle Politique agricole commune ? Amadoué par la promesse d'une aide à l'installation, le syndicat ne s'y oppose pas.
Contrastant avec le tir de barrage de ses aînés de la FNSEA, les JA délivrent une appréciation d'ensemble plutôt positive. Principale source de satisfaction : une de ses propositions a été reprise par Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture : l'aide de base prévue pour chaque agriculteur sera majorée de 25 % pour les jeunes agriculteurs, durant les cinq premières années de leur installation. « Une grande avancée », se félicite Carole Doré, vice-présidente des JA.
« Il ne faut pas vivre sous perfusion »
Autre pilier fondateur du projet de réforme envisagé par Bruxelles : le plafonnement des aides et leur convergence progressive vers un niveau unique ne suscite pas le réflexe corporatiste arc-bouté sur la préservation des rentes de situation. « Je suis prêt à perdre la moitié de mes aides, si en face, on construit des filières capables de mieux valoriser notre production », décoche Brice Guyau, président des Jeunes agriculteurs de Vendée.
« On ne défend pas un niveau d'aides. La Pac donne des outils. Il ne faut pas tout en attendre et vivre sous perfusion. Il faudra en parallèle se prendre en main pour que l'agriculteur fournisseur de matières premières retrouve une place centrale via les organisations de producteurs », renchérit Carole Doré. Jeunes agriculteurs militera aussi pour que l'aide de base « soit liée aussi au nombre d'actifs familiaux et salariés sur l'exploitation ».
Par ailleurs, les Jeunes agriculteurs ne ruent pas dans les brancards face au verdissement de la Pac (30 % des aides européennes versées en échange de contreparties environnementales). « Faire de l'agriculture avec de l'environnement, nous ne sommes pas contre. Le verdissement est un bon moyen de faire reconnaître ce qui se fait dans les exploitations. Planter des haies dans une plaine céréalière ne me paraît pas aberrant », commente Carole Doré.
L'agricultrice de l'Aisne regrette toutefois le manque de souplesse du dispositif. « Au lieu des trois mesures obligatoires (assolement diversifié, zones à focus écologique, maintien des prairies permanentes), nous aurions préféré une liste plus étoffée de mesures optionnelles au sein de laquelle chaque agriculteur puisse choisir en fonction de son exploitation et de son territoire. »
(Association des producteurs de viande de la Manche)
Réunis en assemblée générale ce midi à Nicorps après une visite de l’abattoir Socopa à Coutances ce matin, les producteurs de viande de la Manche ont tiré un bilan satisfaisant de l’année en cours.
Principal motif de satisfaction : des prix à la hausse de 25 centimes du kilo en moyenne depuis le dernier trimestre 2011.
Selon le président de l’AVP 50 (Association des producteurs de viande de la Manche), Michel Hamel, on pourrait même manquer de viande de boucherie dans les mois qui viennent.
Le GIE Export a donné un ballon d'oxygène aux éleveurs
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| « En fin d'été, les abatteurs considéraient que la viande bovine était trop chère », déclare Gérard Doré, président de la section bovine de la FRSEA Bretagne. « Cette position nous a exaspéré, car nous devons faire face à des hausses de coûts qui n'ont pas encore été répercutées ». En jeune bovin, le coût de production se situe autour de 4 € du kg alors que le prix de vente avoisine 3,50 €/kg de carcasse. « Aujourd'hui, il manque au minimum 30 ct/kg pour rémunérer la main d'oeuvre ». De 900 à 1 000 €/mois En femelle de race à viande, l'écart entre prix de vente et coût de production serait également autour de 50 ct/kg soit près de 200 € par animal. « Le revenu d'un éleveur de vaches allaitantes est actuellement entre 900 et 1 000 € par mois, ce qui est nettement insuffisant compte tenu des capitaux engagés, du temps passé et des risques encourus », estime Claude Henry, président de la section bovine FDSEA 22. Le manque de rentabilité a stoppé les investissements chez les producteurs. Il a aussi découragé les jeunes de s'installer, depuis quelques années. Cet été, les industriels de la viande se sont inquiétés de voir la production s'organiser dans le cadre d'un GIE national, le GEF (groupement d'export français). Les abatteurs voient en effet d'un mauvais œil partir vers d'autres destinations (la Turquie, le Magreb...), des animaux qui passaient par leur chaîne d'abattage. La Turquie se sert du levier taxe pour attirer les courants commerciaux d'animaux vivants sur son territoire. En effet, elle taxe les carcasses à 75 % et les animaux vivants à 15 % seulement. Elle n'applique aucune taxe sur les animaux destinés à l'engraissement. Au port de Sète, les animaux vivants ont rapidement remplacé les carcasses qui partaient en camions frigos vers la Turquie. Ce qui a permis à ce pays de faire tourner ses outils d'engraissement et ses abattoirs. Atteindre 4€/kg « Le GIE Export a donné un ballon d'oxygène aux éleveurs », se félicitent les responsables syndicaux bretons, fiers de sa réussite, « malgré l'opposition de Coop de France et du SNIV ». « C'est un levier qui nous permet d'agir pour obtenir une augmentation des cours dans la région », souligne Gérard Doré. « Le prix de 2,40 €/kg en vif pour un bovin partant à l'export équivaut à 4 €/kg en carcasse. Or les abattoirs locaux rechignent à payer ce prix aux producteurs bretons, ils avancent à tous petits pas ». « En veaux de boucherie, la situation est également critique », selon les producteurs présents. La rémunération moyenne de 75 € par veau en intégration ne permet pas de dégager un revenu. Les banques refusent les projets d'installation ou d'agrandissement. « Si aucun effort n'est fait par les abatteurs, la filière veaux disparaîtra dans quelques années, par manque de renouvellement ». « Les abatteurs estiment qu'ils sont en surcapacité d'abattage », poursuit le président de la section bovine. « Ils doivent comprendre que, faute de prix rémunérateurs, la disparition d'une partie des éleveurs créera, à terme, une pénurie de matière première. Au contraire, une meilleure rémunération du maillon production redonnerait de la visibilité et des perspectives pour pérenniser la production bretonne et installer de nouveaux éleveurs ». Patrick Bégos |