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Appauvrissement des sols : retour sur la responsabilité de l'agriculture intensive et de l'urbanisation

10 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #Environnement

AGRICULTURE - Actu-Environnement.com - 09/02/2009
 
Essentiel pour l'environnement, le sol est une ressource fragilisée par les activités humaines. L'agriculture intensive et l'étalement urbain contribuent à son appauvrissement. L'érosion et l'imperméabilité sont les principaux risques en France.
 
     
Le sol est en position d'interface dans l'environnement. Il échange en permanence des flux, que ce soit du gaz, de l'eau, des particules, et constitue donc un maillon essentiel de l'environnement, encore peu pris en compte aujourd'hui, analyse Dominique Arrouays, directeur d'Infosol à l'Institut scientifique de recherche agronomique publique (INRA). Produire les aliments, réguler le cycle et la qualité de l'eau, stocker du carbone, recycler les matières organiques, entretenir la biodiversité, fournir des matières premières… Les fonctions du milieu sol sont multiples et essentielles à la vie végétale, animale et anthropique. Au cours du temps, l'homme a plus ou moins profondément modifié les sols par la culture, l'industrie mais aussi l'urbanisation, entraînant parfois une fragilisation de ce milieu. Un milieu non renouvelable à l'échelle du temps humain, qui perd plus vite qu'il ne peut se reconstituer. La formation des sols est en effet très lente.
Si la connaissance des sols est imparfaite aujourd'hui , d'après Didier Rat, chargé de mission au bureau des sols et de l'eau du ministère de l'agriculture et de la pêche, les spécialistes s'accordent pour dire qu'il y a une dégradation de la qualité des sols, avec un discours plus ou moins alarmiste… Pour Dominique Arrouays, les sols ne sont pas morts, il y a encore des milliards de microorganismes dans le milieu . Mais des menaces existent néanmoins du fait de leur appauvrissement. La Commission européenne en a identifié 8 en 2002. Selon Dominique Arrouays, l'érosion et l'imperméabilité des sols due à une « bétonisation » des territoires constituent les principaux risques en France.

« Un grand département français disparaît tous les dix ans » sous le béton

L'aménagement des sols, l'étalement urbain et l'industrialisation ont modifié la structure des sols. L'urbanisation mènerait ainsi en France chaque année à la perte de 60.000 hectares de sol sous le béton, soit l'équivalent d'un grand département français qui disparaît tous les dix ans, selon Demonique Arrouays. Une tendance qui s'accélère aujourd'hui et qui pose des questions de concurrence des sols notamment avec la fonction nourricière de la terre. Cette « bétonisation » mène également à une imperméabilité des sols qui perdent ainsi leur fonction de tampon et de filtre. Ce ne sont pas tant les villes qui posent problème que ce qui va avec : parkings de supermarché, infrastructures de transport, industrialisation… explique le directeur d'Infosol-INRA.
L'érosion des sols, phénomène naturel, est lui aussi exacerbé par l'activité humaine. Ce phénomène constitue la principale menace en Europe (45 % des sols concernés) et en France (25 % des sols touchés). Selon l'INRA, la vitesse de formation d'un sol est de 0,1 à 0,02 mm par an alors que l'érosion moyenne exporte 1 mm de sol en un an. Si aujourd'hui l'érosion aurait tendance à diminuer en France du fait de l'augmentation des surfaces forestières, les grandes plaines limoneuses du Nord et du Sud Ouest sont particulièrement affectées par ce phénomène. L'érosion hydrique, causée par la pluie et le ruissellement, est la plus préoccupante.
La contamination au plomb, mercure et autres traces métalliques est quant à elle liée à l'industrie mais aussi aux transports. A 100 km autour de l'agglomération parisienne par exemple, s'étend une zone de contamination diffuse au plomb principalement liée à la circulation automobile. Si en France le constat n'est pas alarmant selon Dominique Arrouays, les zones urbaines et industrielles constituent néanmoins des points noirs. Enfin, les scientifiques se penchent aujourd'hui sur les polluants organiques persistants liés à l'utilisation de pesticides, des produits qui peuvent s'accumuler dans les organismes vivants et qui sont encore peu étudiés.

Agriculture intensive : asphyxie des sols et perte de diversité

La baisse des teneurs en matière organique, la baisse de la biodiversité et le tassement des sols sont quant à eux prioritairement imputables à l'agriculture intensive.
Ainsi, particulièrement en Lorraine, en Bretagne et en Franche Comté, l'intensification des pratiques agricoles mènent à une perte de matières organiques, ce qui influe directement sur la fonction de captage de gaz à effets de serre du sol. Un phénomène pas irrémédiable… Selon Dominique Arrouays, des études ont montré qu'en changeant les pratiques agricoles, on pouvait augmenter la présence des matières organiques et stocker dans les sols 2 à 3 millions de tonnes de carbone par an supplémentaires sur l'ensemble du territoire français. Le sol stockerait en France près de 3 milliards de tonnes de carbone dans les 30 premiers centimètres.
La baisse de la biodiversité dans les sols est une menace soupçonnée par les chercheurs. Un phénomène pas irrémédiable non plus : alors que les systèmes de culture intensive mènent à une perte de diversité, les systèmes de rotation augmentent la présence de microorganismes et la richesse du milieu.
Enfin, le tassement des sols, lié en partie à l'utilisation d'engins agricoles, mène à une perturbation des fonctions du milieu : filtration de l'eau, asphyxie des sols, échange de gaz à effets de serre… Si certains sols peuvent se restructurer naturellement ou grâce au travail de l'homme, d'autres, comme les sols limoneux pauvres en matières organiques, restent tassés.

Une problématique peu présente dans la réglementation

Le sol reste un milieu peut couvert par la science. Un grand inventaire devrait aboutir d'ici 2012 en France et accroître ainsi la connaissance sur cette problématique. La question de la protection des sols est également peu prise en compte par la réglementation. En France, il n'y a pas de réglementation globale et cohérente sur les sols, commente Didier Rat. On retrouve cette problématique dans la loi cadre sur l'eau, dans la réglementation relative à l'urbanisme mais la question de la protection des sols n'est pas au cœur de ces textes.
A l'échelle européenne, un projet de directive sur les sols est en discussion depuis plusieurs années, sans pour l'instant avoir abouti. Le dossier a été néanmoins remis sur la table des négociations lors de la présidence française de l'Union européenne et a été repris par la présidence actuelle. A suivre…

S.FABREGAT
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FDSEA : «La vaccination par les éleveurs»

9 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

Fièvre catarrhale ovine.. Pour Dominique Fayel, c'est une solution pratique, efficace et économique.

Lorsqu'on lui parle vaccination contre la fièvre catarrhale ovine, Dominique Fayel, le secrétaire général de la FDSEA, ne mâche pas ses mots sur « la gestion nationale » de crise sanitaire. « Absence de cohérence globale » juge-t-il, pointant du doigt « la cacophonie, au sein de l'Europe et entre régions françaises ». Le défaut de vaccin pour le sérotype 8 ; l'attente, de l'ordre de six mois, de celui pour le sérotype 1 ; ou, plusieurs semaines durant, le défaut de règles de circulation identiques sur l'ensemble du territoire, sont autant d'illustrations.

Pour lui, l'épisode FCO et ses cafouillages n'ont cependant fait que « cristalliser un mécontentement plus vaste ».

Il rappelle que les éleveurs de bovins ont « au total subi cinq mois de suspension des exportations », qu'ils ont donc été « obligés de garder des animaux alors que les coûts alimentaires sont devenus exorbitants ». Bref, ils rencontrent de sérieuses difficultés économiques. Au passage, Dominique Fayel se dit ravi qu'une récente enquête de « Que choisir ? » crédibilise à point nommé le diagnostic économique de la profession. Selon cette enquête, le prix payé aux éleveurs de bovins viande a diminué de15 % sur dix ans quand le prix demandé aux consommateurs a, lui, augmenté de 50 %. Et il en va de même pour les autres productions…

bonnes raisons

Ce contexte général explique le haut degré d'exaspération des éleveurs, redit Dominique Fayel qui souhaite que les éleveurs vaccinent eux-mêmes, comme beaucoup l'ont d'emblée souhaité. Cette solution jouerait en faveur d'un « apaisement » alors que les cafouillages évoqués plus haut ont « décrédibilisé la vaccination obligatoire ». Il invoque à l'appui des raisons d'ordre pratique, parle d'efficacité, justifie encore cette évolution par des motifs économiques. Pour un cheptel de 100 bêtes, la vaccination coûte pas moins de 800 €. Et « le taux de prise en charge va encore diminuer »…

Les vétérinaires seront-ils donc exclus du dispositif ? Non, nuance Dominique Fayel qui propose que ces derniers interviennent pour les animaux destinés à l'export, car leur certification est indispensable pour passer les frontières. En revanche, les éleveurs inoculeraient eux-mêmes le vaccin à leur cheptel. Ce qui soulagera une trésorerie déjà pas folichonne. « Il va falloir vivre avec la maladie, cinq à six sérotypes étant présents en Europe. Un compromis entre exigences sanitaires, économiques et des moyens de lutte réalistes et vivables pour les éleveurs doit être trouvé ». Compromis qui veut que les éleveurs vaccinent. « On mettra la pression » pour que ce compromis soit mis en œuvre « le plus tôt possible », avertit le responsable syndical.


Dès l'automne prochain

Hubert Marty, le président de la Fodsa, cette fédération des organismes de défense sanitaire de l'Aveyron, se dit «sur la même longueur d'ondes» que la Fdsea. Sa tournée dans les cantons le conforte dans son choix en faveur d'une vaccination volontaire par les éleveurs. «Volontaire» ? Dire «obligatoire» suppose que les vétérinaires l'assurent, précise Hubert Marty. Ce dernier informe que le conseil d'administration de la Fodsa s'est officiellement prononcé pour que les éleveurs reçoivent un feu vert des pouvoirs publics «pour la nouvelle campagne», soit l'automne et l'hiver prochains. «Je ne vois d'ailleurs pas d'autres solutions», conclut-il.

 

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Congrès des éleveurs de bovins à Cherbourg - Le terrain pas toujours en phase avec la Fnb.

6 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole


( Publié le 06/02/2009 à : 13H 11 min )

 

Les nombreuses revendications des sections de région du syndicat, que suscite la mise en œuvre du bilan de santé de la Pac, risquent de ne pas être satisfaites. Et les décisions retenues de faire par conséquent des déçus.


Les délégues des sections régionales au congrès
de Cherbourg. (© Terre-net Média)

Lors du congrès de la Fnb qui s’est tenu à Cherbourg, l’heure consacrée aux interventions des sections bovines régionales a été l’occasion de faire remonter au niveau national les doléances des régions. Et de constater parfois l’absence d’unanimité des éleveurs sur certains sujets.

Ainsi, le bilan de santé de la Pac et le rééquilibrage des aides sont déclinés par chaque section en fonction des particularités et des sensibilités régionales. Seule l’instauration d’une prime à l’herbe de l’ordre de 150 €, rattachée au premier pilier, est revendiquée par toutes les sections. Pas son extension aux hectares de maïs fourragers.

Le couplage de l’aide à 100% de la Pmtva est « un rempart contre la disparition de l’élevage bovin », défend la section de l’Ouest. « Aussi envisager un découplage, même partiel, reviendrait à jouer à l’apprenti sorcier ». En Normandie, où les Dpu sont élevés en raison des forts chargements en production laitière et en bovins viande, «la réallocation de la part découplée des aides reviendrait à un rééquilibrage de l’élevage vers l’élevage ».

La section bourguignonne de la Fnb opterait plutôt pour une majoration de la Pmtva de 100€. La Normandie, pour un rééquilibrage reposant sur une franchise des Dpu pour ne pas remettre en cause l’historique.  

De nombreuses attentes à satisfaire

Les sections régionales restent souvent attachées à des soutiens spécifiques à l’élevage qui prennent en compte certains particularismes. Les régions Paca et Bourgogne tiennent au maintien de l’Ichn et envisagent même de renforcer le dispositif existant. La région Centre propose, pour sa part, de créer une nouvelle Mae « zone intermédiaire » allouées aux exploitations polycultures- élevages.

« Une erreur stratégique de la Fnsea »  (Jean Pierre Fleury)

« Avoir confié à une association spécialisée, et en l’occurrence Orama, les pourparlers avec le gouvernement sur la mise en œuvre du bilan de santé de la Pac est une erreur. Etre favorable à l’unicité des aides du premier pilier revient à ne pas prendre en compte la nécessité de soutenir, avec des moyens appropriés, les filières bovine et ovine en tenant compte de leurs spécificités. Et faire financer par défaut cette différenciation par le second pilier, est inenvisageable. On s’oriente par conséquent vers un arbitrage politique car il est trop tard d’envisager un arbitrage à l’intérieur de la Fnsea ».

En fait, les éleveurs attendent avec impatience les décisions gouvernementales sur le bilan de santé de la Pac. Mercredi, ils s'étonnaient que Michel Barnier, ministre de l’Agriculture, venu à Cherbourg, continue à laisser planer un certain doute sur le taux de découplage de la Pmtva.

Or, Bruxelles conçoit qu’un taux de couplage de 100% est essentiel pour reconnaître la spécificité de l’élevage bovin allaitant, français en particulier puisqu’il concentre à lui seul 40% du cheptel européen. En fait la question de fonds, selon Jean Pierre Fleury, le nouveau secrétaire général de la Fnb, réside dans le fait de savoir « si le soutien à l’élevage allaitant passera par une aide à la tête ou par une aide à l’hectare de fourrage avec un minimum de chargement ».

Autres divergences

Des divergences entre les sections sont aussi apparues sur la manière dont l’épidémie de Fco est traitée. Une proposition de fixer au niveau national le tarif d’intervention des vétérinaires a été émise par la section Nord-Est. « Nous voulons engraisser les animaux, pas les vétérinaires », a déclaré son représentant. Celle du ministre de « laisser aux éleveurs la possibilité de vacciner leurs animaux lorsque la vaccination est facultative et qu’elle ne nécessite pas de certification » a été bien reçue.. .

 

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Les terres agricoles et les forêts résistent à la crise

4 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

Allée forestière près de Dourdan (91).
Allée forestière près de Dourdan (91).

Le marché des résidences secondaires est touché de plein fouet.

Le foncier agricole résiste à la crise. «Dans cette période instable, les prix du foncier rural sont restés fermes et surtout réguliers. Le foncier agricole reste une valeur refuge contre les yo-yo des marchés», explique Benoît Léchenault, gérant d'Agrifrance, filiale de BNP Paribas Wealth Management. Pourtant, l'année 2008 a été pour le moins agitée dans le secteur agricole. Les prix des céréales ont d'abord flambé avant de chuter brutalement en fin d'année. Les résultats des exploitations agricoles seront donc «médiocres».

Cette contre-performance ne devrait pas avoir d'impact à court terme sur le prix des terres agricoles. «Les prix du foncier rural s'ajustent avec lenteur. Il faut attendre trois ou quatre ans et la confirmation d'une tendance, bonne ou mauvaise, avant que ces prix bougent», explique Olivier de La Selle chez Agrifrance. Cependant, l'avenir semble prometteur. «La croissance future des prix du foncier agricole ne fait pas de doute, mais à un rythme beaucoup plus calme» indique la dernière étude réalisée par Agrifrance.

Les prix restent élevés dans les régions les plus recherchées. Il faut compter 12 000 euros l'hectare pour les grands domaines de la Marne, 11 000 euros dans le Santerre et 8 500 euros dans la Beauce ou les Landes.

La situation s'est quelque peu améliorée dans les vignobles. Après deux années difficiles, le marché du vin a graduellement repris des couleurs. «Les vignobles sont recherchés, même si le regard s'y fait plus inquisiteur face aux résultats économiques et aux performances marketing», souligne Benoît Léchenault. Dans les grands crus, les prix restent très élevés (2 millions d'euros l'hectare pour le Pomerol, plus de 3 millions d'euros pour les grands crus en Bourgogne). Toutefois, certaines régions commencent à souffrir. Les prix du foncier ont ainsi baissé pour les côtes-du-rhône et les beaujolais génériques.

 

Les Britanniques n'investissent plus

 

Le marché des résidences secondaires est, lui, touché de plein fouet par la crise économique et celle de l'immobilier. Les transactions sont presque au point mort. Les Britanniques et les Américains (en Provence), qui avaient en partie soutenue ce marché, n'investissent plus chez nous. Et ceux qui sont déjà installés cherchent souvent à revendre leur résidence. L'envolée des prix de ces dernières années (+ 150 % entre 1997 et 2007) était irrationnelle. «Pour simplement retrouver un niveau raisonnable, les prix devraient baisser de 35 %», estime Benoît Léchenault.

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Faire du blé avec le blé !

30 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole



Quand mûrira le blé !

En 2007, la tonne de blé vendue 100€ a vu son prix flamber de 250 à 350 €, soutenus par des stocks mondiaux de blé épuisés. L’euphorie régnait chez les agriculteurs briards qui, cette fois, ne déploraient pas leur situation. Aujourd’hui, elle se négocie autour de 110€

Dans son rapport annuel rendu le 12 janvier dernier, le Département Américain de l’agriculture revoyait à la hausse le stock mondial de 1 million de tonnes. Les bonnes récoltes des principaux pays producteurs n’ayant pas soufferts d’aléas climatiques en sont la cause, autant que le ralentissement de la demande.

Ce dernier facteur pourrait rendre anxieux les céréaliers de Seine-et-Marne. Mais si l’inflation risque de suivre les politiques des gouvernements et de leurs banques centrales, instaurées afin d’éradiquer la crise – soutiens à la consommation et au crédit -, elle a alors généralement un effet mécanique qui dynamise les cours des matières premières et alimentaires. Et si le prix stagnant du pétrole doit reprendre son ascension, il entraînera avec lui celui des céréales à destination des « biocarburants », populaires et éthiques même si le réel coût écologique de production reste encore à démontrer.

Ce mois-ci, un article du Monde signalait : « … après leur déculottée du deuxième semestre 2008, les fonds spéculatifs réapparaissaient sur le marché du blé. Timidement. »

N’étaient t’ils pas déjà pointés du doigt quand les cours s’emballaient… avant la crise ?


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Vilmorin : "La crise n'a pas d'impact sur notre activité"

30 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

Malgré la gravité de la crise économique, certaines entreprises échappent au marasme. C'est notamment le cas du groupe français Vilmorin. La demande pour les produits du quatrième plus important producteur de semences agricoles au monde reste en effet vigoureuse. A quelques jours de la publication de son chiffre d'affaires, explications avec Daniel Jacquemond, le directeur financier du groupe.

Capital.fr : quelles sont les répercussions de la crise sur l'activité de Vilmorin ?

Daniel Jacquemond : Pour l'instant, nous ne ressentons pas d’impact majeur sur notre activité. Lors de la campagne d'automne, les agriculteurs n'ont pas réalisé d'arbitrages importants entre les types de cultures et il semble que les surfaces de production soient stables. Concernant la saison de printemps, il est encore trop tôt pour se prononcer. Par contre, si la demande ne baisse pas en tant que tel, le risque s'est accru dans certains pays à cause des problèmes de financement. En Europe de l'Est, notamment en Ukraine et en Russie, nous craignons que des agriculteurs se retrouvent incapables de faire face à leurs engagements. Nous sélectionnons donc plus attentivement nos clients.

Capital.fr: Une des conséquences de la crise financière a été l'effondrement des cours matières premières agricoles. Cette évolution vous a-t-elle obligé à abaisser vos tarifs ?
Daniel Jacquemond : Il n'y a pas de lien direct entre la demande en semences et l'évolution des cours des matières premières alimentaires sur les marchés financiers. La chute des derniers mois n'a donc pas eu d'impact sur notre activité. A plus long terme, un maintien des prix à bas niveau pourrait créer des difficultés pour certains exploitants agricoles. Même dans un tel scénario, nous sommes relativement protégés car nous sommes très en amont dans la chaîne agro-alimentaire. Avant de réduire ses achats de semences, poste stratégique de son compte d’exploitation, un agriculteur commencera par couper dans ses dépenses de main d'œuvre, d'engrais ou d'eau.

Capital.fr : Vous maintenez donc votre prévision d'une croissance de votre chiffre d'affaires en 2008-2009…
Daniel Jacquemond : Cet objectif est toujours d'actualité pour l’exercice 2008-2009. Il faut toutefois rester prudent à moyen terme. Il est à craindre que notre secteur subisse un impact plus important de la crise durant les prochaines saisons. Mais, nos perspectives à long terme restent excellentes : l'évolution des habitudes de consommation alimentaires et la croissance démographique assurent un bel avenir à notre secteur d’activité. Et c'est sans compter les 900 millions de personnes ne mangeant pas à leur faim dans le monde. L’innovation nous permettra de répondre à cette demande en forte augmentation.

Capital.fr : Estimez-vous avoir une certaine responsabilité face à cette situation ?
Daniel Jacquemond : Ce thème nous tient beaucoup à cœur chez Vilmorin. Les investisseurs ne devraient pas pouvoir spéculer sur les prix des matières premières destinées à l’alimentation. Nous défendons le retour à une plus grande régulation des marchés agricoles mondiaux de sorte de limiter et d’encadrer la volatilité des marchés agricoles et ainsi contribuer à garantir la sécurité alimentaire des Etats.

Propos recueillis par Guillaume Dubois
 

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FCO : un collectif pour « le droit à la non-vaccination »

29 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #Santé Nutrition

jeudi 29 janvier 2009

Groupement des agrobiologistes
FCO : un collectif pour « le droit à la non-vaccination »

Dans un communiqué, le Groupement des agrobiologistes de la Côte-d'Or (GAB 21) informe : « Un arrêté ministériel rend obligatoire la vaccination contre les sérotypes 1 et 8 de la Fièvre catarrhale ovine (FCO). Cependant, qu'ils soient en élevage biologique ou non, face à la FCO, nombreux sont les éleveurs qui préfèrent privilégier et stimuler l'immunité naturelle de leurs animaux plutôt que d'avoir recours à la vaccination. En effet, la FCO sous la forme du sérotype 8 est présente sur notre territoire depuis 2 ans et beaucoup d'animaux de nos élevages ont su développer leur protection par le biais de leurs anticorps. C'est pourquoi, le mercredi 21 janvier, le GAB21 proposait une réunion à Pouilly-en-Auxois aux éleveurs qui avaient fait le choix de ne pas vacciner en 2008. À l'issue de la matinée, une vingtaine d'éleveurs ont décidé de constituer un collectif pour revendiquer la liberté de choisir des méthodes et protocoles de prévention et de médecines alternatives qui ont fait leurs preuves dans beaucoup d'élevages depuis 2 ans. Rappelons que cette maladie est vectorielle, non contagieuse et non transmissible à l'homme, elle affecte la faune sauvage qui se comporte comme un réservoir non-contrôlable. Ensuite, il existe à ce jour 24 sérotypes différents pouvant d'une façon ou d'une autre atteindre rapidement notre territoire. De plus les vaccins proposés précipitamment ne réunissent pas toutes les garantis d'efficacités et d'absence d'effets secondaires, ils ne disposent en effet que d'une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU). Pour toutes ces raisons, l'obligation de vacciner ne semble pas être la solution pour tous les éleveurs réunis à Pouilly. Contrairement à d'autres épizooties, le collectif, sachant que la non-vaccination n'aura pas de conséquences sur les cheptels avoisinants, sans s'opposer à la vaccination, réclame tout simplement la liberté de choisir. »

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Du lait en self service Doudeville

27 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #Santé Nutrition

Du lait en self service Doudeville - kewego
Du bon lait frais sorti tout droit du pie de la vache et vendu en self-service dans un distributeur de lait.... C'est l'idée mise en pratique par deux frères du pays de Caux. L'occasion de redécouvrir le vrai goût du lait, celui de l'enfance.

www.seinemaritime.tv
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Normandie

27 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #Santé Nutrition

samedi 24 janvier 2009
Lait cru : Isigny et Lactalis signent l'armistice

Chez Isigny comme chez Lactalis, on croit à nouveau au camembert au lait cru. : Archives « Ouest-France »/Jérôme Fouquet

La coopérative laitière d'Isigny ¯ Sainte-Mère et Lactalis reprennent le chemin du camembert de Normandie. Au lait cru. Qui l'eut cru ?

La coopérative laitière d'Isigny ¯ Sainte-Mère et le groupe Lactalis parlent de revenir de plain-pied dans le circuit du véritable camembert de Normandie au lait cru. Claude Granjon, le directeur adjoint de la coopérative d'Isigny, explique avec franchise : « Nous avions quitté l'AOC camembert au lait cru, pour des raisons uniquement sanitaires et la mort dans l'âme. Cette AOC est fondatrice de notre histoire au même titre que celles de nos beurres et crèmes. » Depuis avril 2007, la coopérative avait toutefois reçu un bon accueil de ses camemberts, microfiltrés, « aux laits de fermes sélectionnées ».

 

Pour revenir au lait cru, elle buttait sur la détection de la redoutable listeria eschericia coli 026. « Nous avons investi dans une machine à analyses sophistiquée. Elle nous permet de procéder à des vérifications quotidiennes, des citernes et des séries de lots de camemberts, pour détecter la présence de ces germes pathogènes. »

Recommandationsaux femmes enceintes

Sur un fichier de cent élevages de race normande, la coopérative en a sélectionné cinquante. La moitié approvisionne les nouvelles fabrications. L'autre moitié reste en réserve en cas de pépin. « Sous notre marque, dès le 1er avril, nous proposerons des camemberts Appellation d'origine protégée (AOP) au lait cru dans les rayons à la coupe des grandes surfaces. Chez les crémiers, nous créons un « super-médaillon AOP », au lait cru. » Et par obsession sécuritaire, Claude Granjon conclut : « Nous apposerons sur l'étiquette des recommandations à destination des femmes enceintes, des très jeunes enfants et des personnes âgées. »

Lactalis est dans une autre démarche. Deux ateliers de petite taille, Jort et Moulin de Carel (Calvados) ont toujours continué leurs fabrications de camembert au lait cru de Normandie. Ils n'ont jamais quitté le giron de l'AOP. En revanche les deux marques Lepetit, de Saint-Maclou (Calvados), et Lanquetot à Orbec, ont abandonné le lait cru en 2007 ? Conséquence : en décembre l'usine de Saint-Maclou a mis la clé sous la porte. Si « rien n'est encore décidé, comme le souligne Luc Morelon, directeur de la communication de Lactalis, le groupe envisage de relancer la fabrication au lait cru, via notamment, la marque distributeur de Leclerc. »

 

François LEMARCHAND
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