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Indispensables cellules somatiques.

4 Juin 2010 , Rédigé par jr Publié dans #Santé Nutrition

Bovins : «  Etude comparative entre les filières conventionnelle et biologique de la problématique des hauts taux cellulaires dans le lait »

Cette étude comparative entre les filières conventionnelle et biologique apporte des précisions sur l’épidémiologie de la mammite subclinique et la problématique des hauts taux cellulaires dans le lait. Il ressort que l’épidémiologie rencontrée dans les deux filières est sensiblement similaire. Les germes majeurs rencontrés sont par ordre d’importance S.uberis, S.aureus et S. dysgalactiae et leur impact sur le TCS est très important. S. agalactiae semble donc bien être en voie de disparition de nos exploitations. Quand à S. uberis, reconnu comme germe d’environnement responsable de mammite clinique aiguë, il semble jouer un rôle prépondérant également dans la mammite subclinique. Les germes mineurs sont le plus représentés par la famille des staphilocoques à coagulase négative, tels que S. xylosus, S. hyicus, S. warneri, S. intermedius, S. saphrotycus ou encore S. chromogenes, et ont un impact non négligeable sur le TCS. Il ressort par ailleurs que le « pattern » de germes rencontrés dans les exploitations sélectionnées diffère fortement d’un élevage à l’autre. Connaître l’épidémiologie globale de la ferme permettra donc au praticien et à l’éleveur de mieux cibler leur stratégie de lutte dans la problématique des hauts taux cellulaires.

Le résultat le plus surprenant de cette étude réside dans la différence de sensibilité aux antibiotiques testés des principaux pathogènes entre les deux filières. En effet, l’usage moins abondant et plus raisonné des antibiotiques dans les exploitations biologiques sélectionnées pourrait expliquer les moindres taux d’antibiorésistance retrouvés chez les trois germes majeurs rencontrés dans nos échantillons. Il faut cependant rester prudent puisque l’échantillonnage d’exploitations repris dans cette étude est relativement faible. A l’avenir, une étude comparative à plus large échelle entre les deux filières, reprenant également l’épidémiologie des mammites cliniques, serait des plus intéressantes.

Finalement, si l’agriculture biologique est destinée à croître dans les années à venir, et si la responsabilité des vétérinaires ruraux quant à la création de réservoir de bactéries résistantes transmissibles à l’homme via son alimentation reste à éclaircir, il faudrait sans doute d’abord mieux informer le consommateur sur le fait qu’une agriculture respectueuse de son environnement et génératrice de pratique raisonnées telle que cet étude semble nous montrer, existe bel et bien et mérite certainement d’être mieux connue. Dès lors, tout le mal qu’on puisse souhaiter à cette agriculture biologique est qu’elle soit pour le moins « simplement » avant-gardiste d’une agriculture nouvelle plus raisonnée. 

 

Indispensables cellules somatiques.

Dans son information de septembre 2004, le comité du lait de Battice, nous parle de l’impact économique des mammites.
Le moins qu’on puisse dire c’est que ces informations mêlent habillement vérités et intoxications.
Dans un rapport scientifique réalisé en 2003 et publié en février 2004 par 5 chercheurs, dont Monsieur Lekeux, Doyen de la faculté vétérinaire de Liège, il est constaté : «  qu‘Il est étonnant de remarquer qu’en ce qui concerne les quartiers considérés comme négatifs d’un point de vue bactériologique et donc normalement sains, la moyenne cellulaire s’élève à 734.000 cellules/ml. La littérature scientifique s’accorde pourtant à fixer à 200.000 cellules, le seuil tolérable pour un quartier exempt d’infection ». Les 5 chercheurs se posent ensuite la question de savoir si « Les nombreuses cellules présentent dans ces quartiers ne jouaient pas un effet protecteur préventif ».
Renversant n’est-ce pas! Les vaches à haut taux cellulaire seraient donc les plus saines du troupeau. Cette étude remettant en cause les normes cellules, imposées par l’Europe, mériterait d’être renouvelée à grande échelle pour confirmer ou infirmer ces résultats. Mais non, le dossier est enterré, l’industrie de la malbouffe a ses lois et contraintes que ne peut transgresser la possibilité d’une alimentation saine.
Bon an, mal an, si moins de 3% des analyses officielles pénalisent les dépassements de 400.000 cellules, ce chiffre monte à 45%, soit 15 fois plus dans le cadre des contrats cellules. Ce qui veut dire que les fermiers séparent et ne livrent pas les laits à haut taux cellulaire.
Les premières pénalisations cellules datent de 1987, trois mois au delà de 750.000 cellules entraînaient une pénalité de 0,25 FB au litre. Au début, suite aux recommandations, les producteurs ont éliminé leurs vaches, dites malsaines. Mais, après peu de temps d’autres devaient partir, cela faisait enrager de voir une bonne productrice, pétante de santé, sans mammite, filer à l’abattoir. On nous a alors parlé de mammite subclinique, invisible. Avec le temps, certains fermiers sont devenus malins, ils ont trait les vaches problématiques à part, ils ont donné ce lait aux veaux et là surprise, ce lait guérissait certaines pathologies.
Pour le professeur Lekeux les cellules franchissent la barrière de l’estomac et vont soigner le veau jusque dans la lumière de son intestin. Cette information est confirmée et complétée par un médecin nutritionniste canadien, le docteur Vachon, qui va plus loin encore en prétendant que les cellules stimuleraient tant l’immunité du veau que celle du consommateur humain. Le lait prétendument malsain est donc le meilleur.
Si l’industrie transformatrice, bien au courant de ces vraies qualités, les interdit, c’est pour des raisons purement industrielles:
1) Comme le disent les informations du comité du lait, irrégularité de la matière et cette qualité nutritionnelle nuit à l’homogénéité industrielle.
2) Problème d’encrassement lors du traitement thermique du lait UHT. Traduisez par : le lait à haut taux cellulaire caille quand on le traite en Ultra Haute Température (135° à 155°). Notez que le veau a une caillette pour cailler le lait et si celui-ci ne caille pas, le veau développe une diarrhée. Le consommateur « bénéficie » donc d’un lait qui se conserve, bouchon scellé, 3 mois à température ambiante et tant pis s’il est impossible de transformer cet UHT en yaourt, fromage ou d’en faire un pudding consistant. L’UHT est fait pour être bu un point c’est tout. Malheureusement ce lait, par son traitement thermique, voit ses protéines et son lactose se combiner en lactulosyllysines, molécules non assimilables, précédant la réaction de Maillard. Le lait UHT est un lait bétonné responsable d’une multitude de problèmes de santé, mais de cela le comité du lait ne se préoccupe pas.
3) Le lait à haut taux cellulaire se dégrade facilement. Autrement dit il se digère facilement, mais cette qualité est un défaut pour du lait de conserve.
4) Contrairement à ce que prétend le comité du lait, les producteurs de beurre savent tous qu’un lait pauvre en cellules fait un beurre difficile à venir et vite rance, d’ailleurs beaucoup de ventes directe réservent le lait riche en cellules pour en faire un excellent beurre au goût de noisette à longue conservation. Peut être en va-t-il autrement dans l’industrie mais j’en doute car ces données viennent de responsables de laboratoires de laiterie.
Mais reprenons les informations du comité du lait:
- Pertes pour le producteur: Elles sont purement subjectives, sauf si on suit les conseils du comité du lait. Une vache saine à haut taux cellulaire donne bien plus qu’une vache malade, immunodépressive, qui ne sait pas augmenter son taux cellulaire et ne survit que médicalement assistée, ce qui est le fait de plus en plus de troupeaux. Résultat, ces malheureux animaux, perpétuellement sous 50.000 cellules, distillent leurs bactéries pathogènes, antibiorésistantes de surcroît, dans le lait de consommation et ils sont en première qualité au palmarès de la malbouffe puisque leurs taux cellulaires son magnifiquement débiles.
- Taux de réforme plus élevés: Ce problème coûte surtout beaucoup à ceux qui éliminent bien trop rapidement vaches saines et vaches malades sur base d’un taux supérieur à 200 ou 300.000 cellules.
- Frais de traitement supplémentaires : Il faut 4 à 5 ans pour arriver à se passer des tubes de tarissement quand on  les a utilisés systématiquement pendant des années. Après, c’est facile de s’en passer car les vaches sont redevenues saines. Le contrat cellules permet de gérer la situation sans être déclassé et sans traire plus de 2 ou 3% des vaches à part et encore pas régulièrement.
- Frais de traite : Economie d’antibiotique au contraire, la vache se soigne d’elle-même par une montée brutale suivie d’une descente aussi rapide des cellules. A noter que les vielles vaches de 12 à 17 ans, gardent un taux cellulaire de 500 à 600.000 cellules, mais la moyenne du troupeau reste sous les normes de la malbouffe, sous 400.000 cellules.
- Lait non livré : Pas de lait non livré, on en a trop peu pour les veaux avec celui trait à part.
- Influence sur la reproduction : Quand vous arrivez à supprimer les tubes de tarissement, de moins en moins efficaces, car les bactéries s’y sont adaptées, les mammites deviennent anecdotiques et n’influences plus la fertilité.
- Pénalité / arrêt de collecte : Oui ! Un à deux ans difficiles, quand on cesse d’injecter des tubes, puis la situation se régularise  et sans antibiotiques, le stress d’une livraison contaminée disparaît, on trait plus détendu et les vaches le sente, c’est tout bon…
- Modification physico-chimiques du lait : Contrairement à ce que dit le comité du lait, le taux de protéines ne reste pas stable. En cas d’augmentation des cellules, ces dernières étant des protéines, le taux protéique s’élève au prorata du taux cellulaire. Un taux cellulaire, sans mammites et autre pathologie, de 300 à 350.000 cellules, permet une maîtrise des normes, qui ne sont pas de la qualité nutritionnelle, mais bien des normes strictement industrielle. Un taux cellulaire élevé donne un excellent rapport protéine – matière grasse.   

Professeur Lekeux    
Faculté des  Sciences Vétérinaires, U Lg

 

 

http://www.cebio.be/producteurs/elevagesbovinslaitcellules.html

 

 

Prof. Pierre Lekeux

 

 

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CURRICULUM VITAE

Prof. Pierre Lekeux

Pierre Lekeux, born April 7, 1954 in Liege, Belgium.

Married and father of 2 boys.

Graduated Doctor in Veterinary Medicine at the University of Liege (ULg) (1978).

One year in large animals practice (1979).

Four years residence in the Department of Large Animals Medicine, ULg (1979-1982).

PhD thesis at the University of Utrecht, The Netherlands (1982-1984).

Stage courses at the Universities of Davis, East Lansing, Gent, Guelph, Hannover, Madison,

Montreal, Uppsala and Utrecht (1984-1985).

Chairman of the Department of Veterinary Physiology, ULg (1986-).

Director of the Laboratory for Cardiopulmonary Functional Investigation, ULg (1987-).

Director of the Equine Sport Medicine Unit (ULg) (1990-2007).

Head of the centre for Equine Studies, Animal Health Trust, Newmarket, UK (1996-1999)

Vice-President of the Centre for Cellular and Molecular Therapy of the ULg (2001-2005)

Director of the foundation "Equine Research Funds" (1988-2004).

Secretary General of the World Association for Buiatrics (1988-2002).

President of the "Comparative Respiratory Society" (1988-1989).

Member of the Board of the World Equine Veterinary Association (1991-1999).

Co-ordinator for the ULg of the Tempus programme from the European Union (1992-1995).

Member of the Royal Academy of Medicine of Belgium (2005-)

Member of the Royal Academy of Sciences of Belgium (2006-)

Member of the Board of the International Equine Exercise Physiology Society (1994-2006).

Member of the Veterinary Committee of the FEI (1996-2002).

Diplomat of the European College of Veterinary Pharmacology & Toxicology (1999-)

Editor-in-Chief of the Journal "Annales de Médecine Vétérinaire" (Belgium)(1995-2000).

Dean of the Faculty of Veterinary Medicine (ULg) (2002-2010)

Member of the Council of the 'Académie Wallonie-Europe' (2004-)

Chairman of the governing council of the EU network of excellence Eadgene (2005-2006)

Author of 5 books, 320 publications in international scientific journals, 25 chapters in scientific

books and 200 communications at international scientific meetings.

Chairman of 27 scientific sessions at international congresses.

Organiser of 12 national, 6 european and 3 world congresses.

Prizewinner of 4 national and 3 international awards.

Principal Investigator and promoter of 55 research grants from scientific institutions, 45 research

agreements with private companies and 22 research agreements with foreign universities.

 

 

 

Gustave Wuidart, agriculteur bio : Le lait : cet élixir assassiné !

 

http://www.bio-info.be/pages/courrier/laitelixir.htm

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