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La Chine et la Russie tirent le marché mondial du lait

4 Juin 2010 , Rédigé par jr Publié dans #Actua Lait

[ 04/06/10  ]

Après des mois de marasme et un effondrement des prix, le marché mondial du lait a retrouvé son dynamisme grâce à la demande des pays émergents.

Les acteurs de l'industrie laitière mondiale ont pour nombre d'entre eux retrouvé le sourire. Le retour en force de la demande des pays émergents a complètement rebattu les cartes du marché après des mois de marasme. En quelques mois, la face du marché mondial du lait a changé, tournant la page après une crise historique. Plusieurs facteurs l'expliquent, dont la baisse de production de certains gros acteurs, comme l'Australie (- 4 %) et le manque de disponibilités de la Nouvelle-Zélande. Une mousson défavorable en Inde a créé un déficit de production important dans ce pays, de l'ordre de 10 à 15 % de la consommation, si bien que New Delhi « opère des achats massifs de poudre de lait », précise l'Association de la transformation laitière française (Atla).

La Chine a oublié la crise de la mélamine qui l'avait détournée de la consommation de produits laitiers et a repris l'importation. Bien qu'il produise beaucoup, l'ancien empire du Milieu est très loin de l'autosuffisance. « Individuellement, les Chinois consomment peu de lait, mais ils sont très nombreux »,commente l'Atla. Les banques russes ont, quant à elles, rouvert en partie l'accès au crédit, favorisant le retour aux achats des opérateurs. Résultat, l'Union européenne a « considérablement accru » ses exportations de matières premières laitières depuis janvier. Les ventes de poudre écrémée ont doublé. Celles de fromages, tels que l'édam et le gouda, ont augmenté de 20 %.

Des prix en hausse de 30 à 40 %

Quant aux prix, ils ont fait un bond de 30 à 40 % par rapport au mois de mai 2009, en plein marasme laitier. A cette date, les entreprises livraient massivement, faute de clients privés, leur production de beurre et de poudre à l'Union européenne via le système de l'intervention publique déclenchée par la Bruxelles en cas de grandes difficultés.

Toutes les grandes régions industrielles européennes, Allemagne, France, Pays-Bas, Danemark et Irlande, profitent de l'embellie. A la faveur de cette conjoncture, la Commission européenne a commencé à mettre sur le marché les stocks accumulés dans les frigos communautaires en 2009. Elle vient ainsi de vendre pour 3.500 euros la tonne - « un très bon prix » selon les experts du secteur -13.000 tonnes de beurre, soit la moitié des quantités accumulées dans le cadre de l'intervention publique. Bruxelles a également proposé 80.000 tonnes (sur un stock de 200.000 tonnes) de poudre de lait à la vente. Les prix n'ayant pas atteint un niveau satisfaisant, l'exécutif européen a refusé les transactions. Les offres se situaient autour de 2.000 euros la tonne, alors que le marché valorise aujourd'hui ce produit à 2.500 euros.

Après avoir souffert de surproduction et d'un commerce atone, l'Europe, surtout dans sa partie orientale, manque aujourd'hui de lait. « Et ce sera pire au second semestre », prévoit l'Atla, en raison du caractère saisonnier de la production.

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