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1000 vaches

9 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #1000 vaches

 « C’est très bon signe, assure Gilberte Wable. M. Ramery fait des bêtises ahurissantes. Comment ose-t-il ne pas respecter un permis de construire aussi controversé ? »

Les photos de Claude Dubois sont sans appel. On y voit notamment un espace entre deux bâtiments bien plus grand que sur le plan déposé. Et, pire, des fondations au beau milieu, alors qu’aucun hangar ne devrait être construit si l’on s’en tient au permis de construire.

Ce splendide pied de nez ne plaît en tout cas pas du tout à Ramery, qui a sonné les gendarmes locaux, qui n’ont pas hésité à aller tancer le président de l’aérodrome. « Le président, rigole Claude Dubois, m’a dit : ’Ramery n’est pas content qu’on survole son chantier. Sois gentil, respecte l’altitude minium’. Ce que j’ai toujours fait. Mais depuis quand n’aurait-on pas le droit de survoler un chantier ? ».

Certes, ce nouveau front ne fait que s’ouvrir, mais il réjouit déjà ceux de Novissen. « C’est très bon signe, assure Gilberte Wable. M. Ramery fait des bêtises ahurissantes. Comment ose-t-il ne pas respecter un permis de construire aussi controversé ? ». La Confédération paysanne lance à partir du 6 janvier une nouvelle vague de manifestations. Cette fois, partout en France. La « Ferme des 1000 vaches » est loin d’avoir gagné la partie

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Travaux 2014

9 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #suivi de la ferme

1.4.2. Pente paillée

Pente paillée

bétonner l'aire paillée en pente vers l'aire de raclage

le matin sortir les animaux pour pailler à la déroulleuse

le soir Saniblanc 12 kg pour 260 m2

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paturage

8 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #paturage

 

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le bien être pour tous!!!!!!

8 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #santé du troupeau

L’accès au pâturage obligatoire

En bio, les animaux doivent avoir accès au pâturage en permanence lorsque les conditions climatiques le permettent.

Plusieurs études scientifiques mettent en évidence les multiples avantages de l’accès au pâturage pour la santé et le bien-être des vaches laitières. Interdire l’accès au pâturage a même été récemment cité par plusieurs auteurs et organisations scientifiques comme l’un des principaux risques pour le bien-être des vaches laitières (European Food Safety Authority, 2009b, Rushen, 2012)

Le pâturage présente de nombreux avantages pour la santé des vaches laitières et peut notamment être associé à la réduction des problèmes de mammites, cétoses, métrites, dystocies et rétention placentaires (cité dans le rapport de l’EFSA 2009a). 

De plus, le bien-être d’un animal ne se limite pas à sa santé et à son bien-être physique mais englobe également son bien-être psychologique et la possibilité d’exprimer les comportements importants propres à son espèce. Ceci correspond à la cinquième des Libertés utilisées dans la définition largement acceptée du bien-être animal par le Farm Animal Welfare Council (FAWC, 1993).

Les niveaux de stress des animaux apparaissent notamment moins élevés au pâturage qu’en stabulation libre, comme l’indique un rythme cardiaque des animaux plus lent et moins d’interactions agressives entre animaux (Irrang and Knierim, 2012).

Enfin, afin de juger de l’importance du pâturage pour les vaches laitières, plusieurs auteurs ont étudié les préférences des animaux en leur donnant la possibilité de choisir entre différents modes de logement. Il apparait que, lorsque le climat est favorable et les besoins nutritionnels des animaux satisfaits, les animaux préfèrent généralement le pâturage, et ce notamment la nuit (Krohn et al, 1992, Legrand et al, 2009, Charlton et al, 2011, Falk et al, 2012). 

En conventionnel : Il est vrai que les vaches laitières ont également généralement accès au pâturage en élevage conventionnel en France, mais cela n’est pas requis par la législation. L’agriculture biologique au contraire offre l’assurance que toutes les vaches laitières ont un accès minimal au pâturage. Il semble, de plus, que les vaches laitières en bio aient un accès plus long au pâturage.

L’alimentation

La ration doit contenir au minimum 60% de fourrages. La quantité maximale de concentrés autorisée est donc limitée à 40% de la ration journalière en matière sèche. Ce chiffre peut être ramené à 50% pour une période maximale de trois mois en début de lactation.

Un apport suffisant en fibres (par les fourrages) est nécessaire afin de prévenir des acidoses (résultant d’une fermentation excessive dans le rumen lorsque la ration est trop concentrée/riche en amidon) et de maintenir la santé ruminale des vaches.

Le cahier des charges bio précise une proportion minimale de fourrages dans la ration des vaches laitières, tandis qu’aucun seuil n’est précisé en élevage conventionnel. Nous reconnaissons qu’un grand nombre d’élevages conventionnels auront déjà pour pratique d’apporter une ration riche en fibres, avec une teneur en fourrages souvent supérieure à 60% comme vous le soulignez, mais certains élevages pourront néanmoins être bien en dessous de ce seuil compte tenu de l’absence de cadre règlementaire sur cet aspect. Pour ces derniers, les risques de problèmes métaboliques et notamment d’acidoses peuvent alors apparaitre (une forte teneur en concentrés ayant pour effet d’abaisser le pH du rumen et pouvant par conséquent provoquer une situation d’acidose)

La litière

La litière est obligatoire en bio : de 1 kg par jour et par vache avec caillebotis à 6 kg en stabulation libre.

Les caillebotis sont interdits sur l’aire de couchage (max 50% de caillebotis en bâtiment).

En élevage biologique, il y a l’assurance d’une quantité minimale de litière, important pour le confort des vaches laitières en bâtiment. La litière constitue également une source supplémentaire de fibres.

En conventionnel, aucune mention n’est faite de la quantité minimale de litière requise en élevage. De manière générale, une litière est fournie aux vaches laitières en élevage conventionnel mais le cahier des charges bio offre l’assurance que toutes les vaches laitières reçoivent une quantité de litière minimale.

La surface minimale par animal

Elle est selon le cahier des charges du bio de 6 m2/animal en bâtiment, 4,5 m2/animal en aire d’exercice extérieure et 2 UGB/ha SAU au pâturage.

Le cahier des charges biologique précise des surfaces minimales par animal tandis qu’ils n’y a pas de cadre règlementaire en conventionnel indiquant des surfaces minimales en élevage laitier (au contraire d’autres espèces animales). 

Attache

L'attache restreint les mouvements des animaux et empêche l'expression des comportements naturels. En cas de contraintes climatiques, géographiques ou structurelles, l’attache des bovins dans les exploitations de petite taille est autorisée, à condition que le cheptel bovin ait accès :

  • à des pâturages pendant la saison de pacage,
  • et à des espaces de plein air au moins deux fois par semaine, lorsque l’accès à des pâturages n’est pas possible.

Dans la plupart des cas, et sauf dérogation, il est interdit de maintenir les animaux attachés en bio. Chez Les 2 Vaches, nous nous engageons à ne jamais utiliser cette dérogation et donc aucune de nos vaches n'est attachée. 

Suivi de la santé du troupeau

En bio, le préventif est préféré au curatif. Par conséquent, les producteurs sont encouragés à mener des actions préventives et à observer leur troupeau afin de détecter des signaux d’alertes.

La prévention passe par l’observation des animaux, l’amélioration des conditions de logement et la connaissance des bonnes pratiques d’élevage.

Races de vaches et programme de sélection

L’utilisation de races rustiques est un point fondamental en termes de bien-être animal. Cela n’est cependant pas obligatoire en bio.

L’utilisation de la race Prim Holstein en élevage bio peut représenter un risque en termes de bien-être animal car celle-ci, sélectionnée pour une production élevée, n’est pas adaptée au régime alimentaire bio (moins riche en céréales et donc avec un apport énergétique plus faible qu’en conventionnel, ce qui peut se traduire par un état corporel insuffisant).

Le cahier des charges bio en France encourage l’usage de races rustiques de même que dans d’autres pays européens (ex : Soil Association, 2010), mieux adaptées à la conduite bio. Sur la base des connaissances actuelles des capacités d’adaptation de la vache laitière à différents environnements, il est suggéré que les éleveurs laitiers devraient utiliser des races robustes avec des objectifs de sélection larges incluant à la fois des traits de production et fonctionnels (Ahlman T., 2010, Pryce et al., 2004).

Cependant, la production laitière moyenne par vache laitière en bio est généralement plus faible qu’en conventionnel et on peut donc s’attendre à ce que la pression de sélection exercée sur les vaches laitières soit moins importante qu’en conventionnel.

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hangar

7 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #Matériel

 

 

 

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1000 vaches: les JA et la CONF

7 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #1000 vaches

 

La Somme, où se situe le projet de ferme Ramery, est pour la Conf’ une terre de mission, où elle ne compte qu’une poignée d’adhérents, et sans l’entrée en scène de Pierre-Alain Prévost, on en serait peut-être resté là. Prévost est un grand gars de 28 ans, à la tête bien faite, bougrement sympathique. Il a fait des études supérieures de commerce, travaillé au Vietnam puis étudié en Inde, avant d’être contrôleur de gestion pour la grande industrie. Mais sa vraie passion est ailleurs. Il veut, il va créer une ferme équestre, dans le sud de la France.

 

-Pierre-Alain Prévost -

Quand il reçoit Reporterre au siège de la Conf’, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), on ne peut éviter un petit étonnement. Le responsable des Campagnes et Actions – son titre officiel - ferait aussi bien l’affaire à Greenpeace ! Pour Prévost, tout commence à l’été 2012. Coordinateur de la Good Food March – une grande marche européenne qui converge vers Bruxelles -, il croise la route des Novissen. Prévost : « C’était en septembre 2012, à Abbeville. Et puis je les ai revus au Salon de l’Agriculture, début mars 2013. À ce moment-là, j’ai dit au Comité national de la Conf’ : ’Il faut y aller !’. J’ai creusé le dossier, j’ai appelé pas mal de gens, et à partir de juin, les choses se sont emballées ».

À partir de juin 2013, en effet, les choses sérieuses commencent. Pendant tout l’été, un petit groupe de la Conf’ prépare dans le plus grand secret une action contre la « Ferme des 1000 vaches ». À l’arrivée, dans la nuit du 11 au 12 septembre 2013, un démontage nocturne et symbolique du chantier, rigolo en diable. Michel Ramery portera plainte, conduisant à la mise en examen de six personnes.

Mais la Conf’ n’entend évidemment pas en rester là, et les rassemblements tenus partout en France depuis le 6 janvier le montrent sans détour. Commentaire officiel, bien dans la manière du syndicat : « La procédure judicaire engagée par Michel Ramery ne fera pas plier la Confédération paysanne dans sa détermination. Au contraire. L’Etat doit faire en sorte de stopper ce projet, et de mener une politique cohérente pour l’agriculture. Il s’agit aujourd’hui d’enrayer la disparition des paysans, notre disparition. Qu’avons-nous à perdre ? ».

http://www.reporterre.net/spip.php?article5220

Dans le même temps, la FDSEA a choisi dans un communiqué

Des nuisances, des épidémies, des problèmes environnementaux, des animaux maltraités, au-delà du combat de riverain, la communication de l’association Novissen jette un profond discrédit sur tous les éleveurs du département. (...) Nous travaillons correctement, en lien avec la réglementation, en respectant la loi. Et pourtant dès que l'un d'entre nous a un projet, il subit la vindicte d'un groupe d'une association dont les arguments ne sont que la reprise des slogans issus de l'opposition au projet de Drucat. (...) Arrêtez ! Arrêtez de stigmatiser l’élevage. Arrêtez de liguer la population contre les éleveurs et contre tout projet.

http://picardie.france3.fr/2014/02/06/ferme-des-1000-vaches-un-batiment-cours-de-demontage-410005.html"

ABBEVILLE Débat musclé autour des Mille vaches

 

 

Une réunion publique sur le dossier de construction, en cours, d'une ferme industrielle à Drucat, près d'Abbeville, s'est tenue ce jeudi soir dans la capitale du Ponthieu. Elle a rassemblé environ 300 personnes dans une ambiance houleuse, en raison de la participation des Jeunes Agriculteurs de la Somme et d'adhérents du syndicat agricole de la FDSEA. Au coeur du débat : la pérénité d'une profession en souffrance d'un côté et la défense de la santé publique de l'autre.
http://picardie.france3.fr/2014/02/07/ferme-des-1000-vaches-la-fdsea-et-les-ja-s-invitent-une-reunion-de-novissen-410903.html

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le refus de l’élevage industriel

6 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

le projet de « ferme des 1000 vaches » représenterait sans aucun doute un nouveau pas en avant vers la chosification des êtres vivants. De ce point de vue, la rencontre entre les membres de Novissen, les militants de la Confédération paysanne et ceux de L214 semble prometteuse.

« Malgré les grandes différences entre la Conf’ et L214, dit Brigitte Gothière, on travaille ensemble, parce qu’on s’appuie sur ce qui nous lie : le refus de l’élevage industriel. Nous profitons de nos différences, et ce qui fait la force de ce mouvement je crois, c’est cette ouverture. »

L’aventure Novissen annonce-t-elle un printemps du mouvement écologiste ? Il est bien trop tôt pour le dire, mais les fleurs sont déjà là. « Nous devons beaucoup à Novissen, conclut Brigitte Gothière. Certains de leurs membres participent maintenant à nos actions devant les supermarchés pour demander le retrait des œufs de poules élevées en cage ! Et plusieurs m’ont dit être contents d’avoir changé leurs habitudes de consommation, notamment en mangeant moins de viande."

 

http://www.reporterre.net/spip.php?article5231

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2009 crise du lait = 200€ Tonne

6 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #vie d'autrefois

Filière laitière : les « fermes usines à lait » menacent l’avenir des producteurs européens

Agnès ROUSSEAUX

09 / 2009

Des « fermes-usines à lait », produisant quatre fois plus que la moyenne nationale actuelle, avec des vaches gavées au soja, au maïs et aux compléments énergétiques. C’est le modèle que défend actuellement la Commission européenne. Un modèle anti-social et anti-écologique. En pleine crise du lait, des milliers de producteurs se mobilisent pour sauver leurs exploitations. Et tenter, peut-être, d’infléchir le scénario du pire.

www.d-p-h.info/images/photos/8192_lait.jpg

Un « plan d’éradication des paysans ». C’est ainsi que René Louail, agriculteur et porte-parole du syndicat Via Campesina, qualifie les décisions européennes, et notamment celles de Mariann Fischer Boel, commissaire à l’agriculture. Car la crise qui frappe les producteurs laitiers était prévisible de longue date. Elle est un avant-goût de ce qui attend les agriculteurs d’ici quelques années, avec la fin des quotas laitiers. Elle est l’aboutissement d’une politique agricole sciemment menée. Avec un objectif : la restructuration de la filière. Un moyen : l’élimination des plus fragiles. Et un horizon : une production sans régulation dans un système concurrentiel, où seuls les plus forts s’en sortent…

Imaginez… nous sommes en 2025 : en 15 ans, les deux tiers des producteurs de lait ont disparu en France. La moitié de ceux qui restent ont plus de 50 ans. Les exploitations produisent un million de litres de lait par an, soit 4 fois plus que la moyenne française actuelle. Elles sont regroupées dans quelques régions, au plus près des ports d’importation de soja, et fournissent des industries agroalimentaires avec qui elles sont liées par contrat. Les vaches ne connaissent même plus la couleur de l’herbe, elles sont nourries au maïs et au soja, produits de manière intensive en France ou importés des États-Unis et du Brésil.

Le scénario du pire

Ce paysage pas très réjouissant, c’est le scénario qui se dessine aujourd’hui en Europe, et que la crise actuelle vient confirmer. Nous sommes passés en France de 385 000 exploitations laitières en 1984 à 90 000 en 2009, et les estimations les plus optimistes tablent sur 30 000 en 2025. Cette réduction drastique, c’est la voie qu’a choisie la Commissaire européenne chargée de l’agriculture et du développement rural. Un modèle de concentration déjà mis en place dans son pays d’origine, le Danemark. Pour faire face à la crise laitière, Mariann Fischer Boel n’a rien trouvé de mieux que de proposer une sorte de « prime à la casse ». Le principe est très simple : permettre le maintien des producteurs laitiers « qui ont investi et (d’)aider ceux qui veulent quitter le secteur ». L’Union européenne, au lieu de jouer son rôle de régulation de la production, préfère distribuer des primes pour inviter les agriculteurs à changer de métier.

Des aides à la reconversion ou des primes, Ronan Guernion n’en veut pas. Ce jeune producteur de lait de 23 ans est en grève pour réclamer des prix rémunérateurs. En 2008, il a repris la ferme de ses parents, à Tonquédec en Bretagne. Pour lui, pas question de maintenir une agriculture sous perfusion. « Je reçois 11.000 Euros de primes par an, quasiment mon salaire. Sur ma commune certains reçoivent 40 à 50.000 Euros. On souffre de cette image de « bouffeurs de prime », alors qu’on n’en aurait pas besoin si les prix étaient mieux régulés. Sauf que ça arrange tout le monde de maintenir ce système… ». Aujourd’hui il est dans l’impasse. Avec 40 vaches laitières, un quota de 262 000 litres par an, et des prêts sur 15 ans contractés pour la mise aux normes de l’exploitation, il lui faudrait des prix à 280 Euros/tonne de lait pour pouvoir gagner l’équivalent du Smic. Si le cours du lait ne remonte pas, il sera contraint au dépôt de bilan. La grève lui coûte cher, avec 200 euros de lait invendu par jour. Mais il a choisi de suivre l’appel lancé par l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), qui demande le maintien d’une forme de régulation.

Une crise structurelle

La régulation, cette crise en montre la nécessité. Car elle est le résultat de la gestion catastrophique des années passées. En 2007-2008, de mauvaises récoltes en Australie et Nouvelle-Zélande ont fait baisser la production et augmenter les prix mondiaux. Les producteurs européens ont alors été autorisés à produire au-dessus de leurs quotas. Résultat de cette année « sans quotas » : la chute des prix actuelle et des montagnes de beurre et de poudre de lait en stock.

Cette situation risque de se reproduire régulièrement. Les quotas laitiers, utile instrument de régulation instauré en 1984, seront supprimés en 2015. D’ici là, la Commission européenne a décidé d’augmenter les quotas de 1% par an. Une mesure en complet décalage avec le marché. L’objectif est de faire baisser les prix, au moment de la transition entre les deux systèmes, pour que les États n’aient pas à rembourser les quotas accordés aux paysans (un peu comme une licence d’exploitation que l’État devrait racheter s’il abolit le système).

Des fermes-usines à lait

Ces orientations traduisent une vision restreinte de l’agriculture et de ses missions. A raisonner en terme de marché, on oublie le maintien de l’emploi en milieu rural, la sécurité alimentaire, l’aménagement du territoire, les impacts sanitaires, mais aussi les équilibres et les enjeux mondiaux. « Comment peut-on continuer, pour nourrir les vaches, à importer des protéines venant de l’autre bout du monde ? », s’indigne René Louail. « C’est un non-sens écologique. Comme diminuer le nombre de prairies alors qu’elles permettent la fixation de carbone, dans un contexte de réchauffement du climat. Ou de promouvoir un système agricole qui provoque le départ de 50 millions de paysans chaque année dans le monde. Des paysans, sans emploi, qui viennent grossir les mégalopoles, à l’heure où le défi alimentaire est primordial ».

Promouvoir une production intensive, dans des « fermes-usines à lait », « à base de soja importé, d’engrais, de vaches turbo vite remplacées sans jamais avoir pâturé », gavées de compléments énergétiques… c’est le comble du cynisme, pour Via Campesina, à quelques mois de la conférence sur la climat de Copenhague. Pour eux, la Commission européenne défend un système « vorace en énergie, en transport, et qui rend l’Union Européenne dépendante d’importations ». Quant à Bruno Le Maire, ministre de l’agriculture, il fait preuve d’une grande « désinvolture » : il a rallié 19 pays européens favorables à une régulation, pour au final proposer l’option de la contractualisation pour remplacer les quotas. Des contrats producteurs-industriels, qui seraient passés « sous le contrôle des autorités publiques » afin de protéger les éleveurs.

Un cadeau pour les industries agro-alimentaires

Une proposition qui ne satisfait pas Ronan. « Pour nous, c’est de l’intégration, c’est comme si nous étions salariés des coopératives. Tout vendre et acheter à une même coopérative, qui s’arrange toujours pour qu’il y ait un peu de surproduction pour faire baisser les prix. Imaginez que vous soyez obligés toute votre vie de faire tous vos achats dans une seule grande surface, sans rien pouvoir dire quand les prix augmentent… » Un cadeau aux entreprises agroalimentaires… alors que la transparence de la filière est une fois de plus remise en cause. La baisse des prix du lait et des produits laitiers en 2008 (-39% pour le beurre, -18% pour le fromage, -31% pour le lait, -49% pour le lait en poudre) n’a été que peu répercutée sur les prix à la consommation (baisse de 2% selon la Commission européenne). On peut imaginer ce que donnerait une contractualisation avec le rapport de force actuel…

Ronan se bat pour obtenir des prix autour de 400 euros par tonne (mille litres). « Même si ce n’est pas pour tout de suite, on veut un système qui permette d’aller vers cet objectif ». Il rêve du modèle canadien, où les producteurs vendent 94% de leurs quotas sur un marché intérieur très protégé, à 450 euros la tonne - soit le double de la France. Les 6% de quotas restants peuvent être exportés, mais aux prix mondiaux. Un choix politique bien différent. Entre 2006 et 2008, 334 000 exploitations laitières ont disparu en Europe. Une disparition calculée et organisée.

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1000 vaches

5 Février 2014 , Rédigé par jr Publié dans #1000 vaches

1000 vaches : Ramery fait un pas en arrière mais reçoit le renfort de la FDSEA

Michel Ramery a décidé de procéder, ce mercredi 5 février, au démontage du bâtiment non conforme au permis de construire initial de la ferme des 1000 vaches. Le jour même, il reçoit le renfort des éleveurs de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs. 

Drucat, Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

Drucat, Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

 

Rendus prudents par des rafales de vent qui atteignaient par moments 80 kilomètres heures sur les hauteurs d’Abbeville, solidement assurés, trois hommes s’employaient ce mercredi 5 février au matin à dévisser une à une les tôles qui couvrent le hangar à paille de la Ferme des 1000 vaches. Une opération menée avec toutes les précautions nécessaires à un remontage ultérieur. Au cours des jours précédents, la paille qu’il couvrait avait été retirée, mise à l’abri sur une autre partie de l’exploitation. Ce hangar a fait l’objet d’une vive polémique au cours des dernières semaines. Débordant d’une vingtaine de mètres dans une zone archéologique identifiée à l’occasion de fouilles préalables au chantier, il n’était pas conforme au permis de construire initial déposé par l’entrepreneur-agriculteur. Les services de la préfecture d’Amiens avaient demandé son démontage. Deux possibilités s’offraient alors au promoteur : contester cette demande en justice, arguant du dépôt d’un permis de construire modificatif. Ou démonter, sans livrer bataille.

Démontage du hangar à paille. Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

Démontage du hangar à paille. Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

 

En répondant ainsi favorablement à la demande des services de l’Etat, l’objectif des équipes de Michel Ramery, le porteur de ce projet d’exploitation agricole XXL, était d’offrir des gages aux juges du Tribunal Administratif d’Amiens qui doit les entendre en audience dans dix jours. En effet, l’association Novissen, la Confédération Paysanne, L124 et Picardie Nature ont conjointement déposé un recours en annulation du permis de construire initial de la Ferme des 1000 vaches, invoquant des irrégularités de fond et de forme.

Drucat. Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

Drucat. Ferme des 1000 vaches. 5 février 2014

 

Le syndicat agricole majoritaire s’engage pour défendre l’élevage dans le département de la Somme

Dans cette tourmente, Michel Ramery reçoit aujourd’hui, contre Novissen, un soutien longtemps attendu : celui de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de la Somme. Ceux-ci invitent à une conférence de presse, demain, une heure tout juste avant le début de la réunion publique organisée à Abbeville, Salle des Carmes, par les opposants au projet. Dans un communiqué publié en début d’après-midi ce mercredi, ils lancent une autre mobilisation : « Des nuisances, des épidémies, des problèmes environnementaux, des animaux maltraités… au-delà du combat de riverain, la communication de l’association Novissen jette un profond discrédit sur tous les éleveurs du département. Le combat des éleveurs ce n’est pas celui des 1000 vaches, c’est celui des 1000 fermes ! Arrêtez ! Arrêtez de stigmatiser l’élevage. Arrêtez de liguer la population contre les éleveurs et contre tout projet. »

Michel Ramery.

Michel Ramery.

 

Le projet dit des 1000 vaches a été ramené administrativement, à 500 laitières et leur suite par l’autorisation d’exploitation accordée l’an dernier par les services de l’Etat. L’opposition locale, l’association NOVISSEN (acronyme de Nos Villages Se Soucient de leur ENvironnement) a trouvé, au fil des mois, un relais national auprès de la Confédération Paysanne pour tenter d’enrayer la construction des bâtiments. Les militants de la Conf’ sont intervenus à deux reprises sur le chantier pour en ralentir les travaux. Dans leur dernière action, ils se sont enchainés aux piliers de l’étable en exigeant des entrevues à Paris.

Ferme des 1000 vaches, la grande étable. 5 février 2014

Ferme des 1000 vaches, la grande étable. 5 février 2014

 

Ils ont obtenu des rendez-vous auprès des ministres de l’écologie et du Logement, Philippe Martin et Cécile Duflot. A la sortie de  ces deux entretiens, des propos, non démentis de la part du gouvernement, laissent penser que le projet de super étable ne convient ni à l’un ni à l’autre de ces ministres. Le méthaniseur agricole d’une puissance de 1,3 mégawatt n’emporte pas plus leur adhésion. Pourtant, dans le même temps, le ministre de l’Agriculture réaffirme l’importance de la production d’énergie renouvelable à partir des déjections animales. En déplacement à Saint-Brieuc la semaine dernière au Salon Biogaz, Stéphane Le Foll réaffirmait son soutien à la filière : « Il était temps que la France rattrape le retard pris en matière de méthanisation. Fin 2012, il y avait 90 méthaniseurs à la ferme dans notre pays. Il y en a aujourd’hui plus de 140. C’est une progression de plus de 50 % en un an, qui montre qu’une vraie dynamique est engagée, que nous avons une filière en plein décollage. Nous sommes sur la voie que j’avais fixée, celle d’atteindre 1000 méthaniseurs agricoles d’ici 2020″.  Ces positions divergentes au sein du gouvernement brouillent le message  et amènent un peu plus d’incertitudes sur le devenir de l’élevage laitier en France avec en toile de fond la perspective de la disparition des quotas laitiers en mars 2015.

  https://twitter.com/FDSEA80/status/431064199335129088/photo/1

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