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Bigard n'est plus le patron

28 Septembre 2011 , Rédigé par jr Publié dans #Bovins

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Abattoirs cherchent bovins désespérément
mercredi 28 septembre 2011

Le marché de la viande bovine repart à la hausse. Le Brésil exporte moins. Turquie et Maghreb achètent Français. Les industriels n'ont plus la main.

Les cours remontent enfin

 

Après cinq années de marasme, les cours de la viande bovine remontent : 3,70 €/kg de carcasse, en jeunes bovins. « Encore dix centimes et l'éleveur pourra couvrir les coûts de production, en hausse, et se rémunérer correctement », commente Alain Denieulle, président du comité de pilotage « bovins viande » des chambres d'agriculture des Pays de la Loire.

« C'est bon signe, mais le cheptel de vaches allaitantes baisse. Si les céréales restent chères, les gars ne vont pas se poser de questions : ils se reconvertiront dans les cultures », tempère Christian Philippeau, qui a ouvert, hier, les portes de son élevage, à Saint-Clément-de-la-Place (Maine-et-Loire).

Nouvelle donne mondiale

On assiste à un effet « domino » sur le marché mondial. Les pays d'Amérique du sud (Argentine, Brésil, Uruguay) exportent moins. « Chez eux, la consommation de viande augmente. La production, concurrencée par les cultures de soja, ne suit pas. Les prix flambent. Des pays importateurs de viande (Russie, Turquie, Maroc, Algérie, Liban...) se tournent vers l'Union européenne », explique Caroline Monniot, de l'Institut de l'élevage.

On manque de viande !

La France, premier pays producteur européen de viande bovine, occupe une place de choix pour servir la Turquie en jeunes bovins engraissés et les pays du Maghreb en broutards (veaux de huit mois). D'où un appel d'air sur la production française, amplifié par la sécheresse printanière.

« Les éleveurs ont fait abattre leurs animaux plus légers et plus jeunes. Les abattoirs manquent de marchandise. Tout le monde demande des jeunes bovins ! Les organisations de producteurs, les négociants ont le choix pour placer leurs animaux. Bigard n'est plus le patron », décode Alain Denieulle.

Sauver « le soldat éleveur »

Dans ce contexte, la création du GIE export contrarie le Syndicat national des industriels de la viande. Alain Denieulle fait une mise au point : « Cette structure ne se substitue pas aux commerciaux des entreprises. Son rôle est de préparer le terrain, nouer des contacts, faciliter les démarches administratives et veiller à plus de transparence dans les offres pour éviter les coups bas entre concurrents. Pendant cinq ans, on a demandé en vain aux abattoirs de sauver le ' soldat éleveur '. Aujourd'hui, il est normal que celui-ci saisisse les marchés pour améliorer son revenu. »

Les industriels de la viande et notamment le groupe Bigard ne l'entendent pas de cette oreille. Jean-Paul Bigard président des industries de la viande (SNIV-SNCP) menace de quitter l'interprofession. Oui à l'exportation de viande française, estime-t-il. À condition de la faire passer par les abattoirs français. Dit autrement, le numéro un français de la viande défend son bout de gras. Et ne voit pas d'un bon oeil les éleveurs retrouver une liberté de négociation.

 

Xavier BONNARDEL.

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