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FDSEA : «La vaccination par les éleveurs»

9 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

Fièvre catarrhale ovine.. Pour Dominique Fayel, c'est une solution pratique, efficace et économique.

Lorsqu'on lui parle vaccination contre la fièvre catarrhale ovine, Dominique Fayel, le secrétaire général de la FDSEA, ne mâche pas ses mots sur « la gestion nationale » de crise sanitaire. « Absence de cohérence globale » juge-t-il, pointant du doigt « la cacophonie, au sein de l'Europe et entre régions françaises ». Le défaut de vaccin pour le sérotype 8 ; l'attente, de l'ordre de six mois, de celui pour le sérotype 1 ; ou, plusieurs semaines durant, le défaut de règles de circulation identiques sur l'ensemble du territoire, sont autant d'illustrations.

Pour lui, l'épisode FCO et ses cafouillages n'ont cependant fait que « cristalliser un mécontentement plus vaste ».

Il rappelle que les éleveurs de bovins ont « au total subi cinq mois de suspension des exportations », qu'ils ont donc été « obligés de garder des animaux alors que les coûts alimentaires sont devenus exorbitants ». Bref, ils rencontrent de sérieuses difficultés économiques. Au passage, Dominique Fayel se dit ravi qu'une récente enquête de « Que choisir ? » crédibilise à point nommé le diagnostic économique de la profession. Selon cette enquête, le prix payé aux éleveurs de bovins viande a diminué de15 % sur dix ans quand le prix demandé aux consommateurs a, lui, augmenté de 50 %. Et il en va de même pour les autres productions…

bonnes raisons

Ce contexte général explique le haut degré d'exaspération des éleveurs, redit Dominique Fayel qui souhaite que les éleveurs vaccinent eux-mêmes, comme beaucoup l'ont d'emblée souhaité. Cette solution jouerait en faveur d'un « apaisement » alors que les cafouillages évoqués plus haut ont « décrédibilisé la vaccination obligatoire ». Il invoque à l'appui des raisons d'ordre pratique, parle d'efficacité, justifie encore cette évolution par des motifs économiques. Pour un cheptel de 100 bêtes, la vaccination coûte pas moins de 800 €. Et « le taux de prise en charge va encore diminuer »…

Les vétérinaires seront-ils donc exclus du dispositif ? Non, nuance Dominique Fayel qui propose que ces derniers interviennent pour les animaux destinés à l'export, car leur certification est indispensable pour passer les frontières. En revanche, les éleveurs inoculeraient eux-mêmes le vaccin à leur cheptel. Ce qui soulagera une trésorerie déjà pas folichonne. « Il va falloir vivre avec la maladie, cinq à six sérotypes étant présents en Europe. Un compromis entre exigences sanitaires, économiques et des moyens de lutte réalistes et vivables pour les éleveurs doit être trouvé ». Compromis qui veut que les éleveurs vaccinent. « On mettra la pression » pour que ce compromis soit mis en œuvre « le plus tôt possible », avertit le responsable syndical.


Dès l'automne prochain

Hubert Marty, le président de la Fodsa, cette fédération des organismes de défense sanitaire de l'Aveyron, se dit «sur la même longueur d'ondes» que la Fdsea. Sa tournée dans les cantons le conforte dans son choix en faveur d'une vaccination volontaire par les éleveurs. «Volontaire» ? Dire «obligatoire» suppose que les vétérinaires l'assurent, précise Hubert Marty. Ce dernier informe que le conseil d'administration de la Fodsa s'est officiellement prononcé pour que les éleveurs reçoivent un feu vert des pouvoirs publics «pour la nouvelle campagne», soit l'automne et l'hiver prochains. «Je ne vois d'ailleurs pas d'autres solutions», conclut-il.

 

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