2020 Les systèmes autonomes ou la complémentarité entre les productions
Développement basé sur les systèmes de production autonomes, systèmes bien réglés,
productifs. Economie durable (peu sensible aux intrants), moins vulnérable.
Les exploitations produisent leurs fourrages, leurs concentrés, leur paille. Elles sont économes
en intrants. C’est un système complexe, diversifié. L’agriculteur est à la fois éleveur et
cultivateur, il peut posséder plusieurs ateliers en production animale. Il a des contraintes
d’organisation du travail, avec de la gestion de main d’oeuvre contraignante.
C’est un système en équilibre entre le système herbager et le système céréalier. Il peut
rapidement se transformer à l’occasion de l’arrivée d’un jeune, d’une reprise, car le capital à
investir est important et la gestion des relations humaines (salariés ou associés) n’est pas
simple. Ce système est aujourd’hui « poussé par un vent contraire » pour se spécialiser et être
plus rentable à l’heure de main d’oeuvre, donc avec une perte globale de production.
Postulat : on recherche la diminution des intrants et la baisse des charges opérationnelles.
Les bovins sont produits à l’herbe, sans azote et avec très peu de concentré. Il y a baisse de
productivité par vache.
Les assolements sont allongés. L’herbe est cultivée : foin, ensilage.
La production de viande s’extensifie. Avec des céréales chères, les ateliers d’engraissement
spécialisés n’ont pas le vent en poupe.
Descriptif
:
Ce scénario serait favorisé par une crise importante où l'augmentation du prix des produits
agricoles est très insuffisante pour compenser la flambée des intrants. Par conséquent, les
productions intensives (taurillon, lait hors sol...) et les systèmes spécialisés (tout herbe ou
100% céréales) sont remis en cause. Les agriculteurs cherchent à maximiser la
complémentarité entre production céréalière et élevage (céréales et paille pour l'élevage en
contrepartie du fumier pour les cultures). Les systèmes de polyculture élevage, adossés sur
plusieurs ateliers, résistent mieux à la volatilité des prix que les systèmes spécialisés. Les
éleveurs se reposent d'avantage sur l'herbe en optimisant la valorisation des surfaces par une
meilleure gestion du pâturage et la récolte de fourrages de qualité. Les chargements se situent
autour de 1,25 UGB/ha d'herbe, ce qui correspond à des systèmes autonomes en fourrages,
avec un faible niveau de fertilisation (0 à 30 u d'N/ha). Optimisation de la valorisation des
déjections animales en tant qu'éléments fertilisants. L'ensilage d'herbe est utilisé dans
certaines rations hivernales pour les vaches laitières. L'ensilage maïs est en régression
(conservé uniquement dans la moitié des systèmes laitiers et jamais en ration complète). Les
céréales autoconsommées sont préférées à l'achat d'aliments du commerce.
1. Installation / transmission
Pas d'accélération de l'agrandissement dans ce scénario; certains hésitent à reprendre des
surfaces éloignées du siège de l'exploitation; ce qui laisse des opportunités d'installation à
d'autres. La rentabilité des exploitations repose sur la technicité des agriculteurs pour produire
à faible coût, mais pas forcément sur de gros volumes.
En terme de transmission, des systèmes à taille modeste qui restent rentables dans ce scénario
sont plus faciles à transmettre.
2. Social
Ce scénario préserve un nombre d'exploitation et une main d'oeuvre agricole relativement
importants. L'orientation vers des systèmes de polyculture élevage multiplie les compétences
nécessaires et la charge de travail avec le nombre d'ateliers. Cependant, la recherche de
l'autonomie conduit les éleveurs des systèmes les plus intensifs à réduire leurs effectifs
animaux et des solutions sont recherchées pour alléger la charge de travail (itinéraires
simplifiés sur cultures, monotraites, alimentation hebdomadaire...).
3. Impacts sur l’environnement
Pas de retournement de prairies ou très peu (uniquement dans les systèmes tout herbe qui
recherchent un peu d'autonomie avec quelques ha de céréales)
Moins d'intrants consommés (fuel, engrais, phyto...) et recherche d'économie d'énergie ou
d'énergies nouvelles pour alimenter le fonctionnement de l'exploitation tout en étant
favorables à l'environnement (photovoltaïque, récupérateur de chaleur, éolien...)
4. Territoire
Impact positif grâce au maintien des herbages et d'un tissu d'exploitations avec une diversité
de systèmes. Maintien des herbages et entretien du paysage. Maintien du tissu rural.
5. Filières
Impact négatif sur les filières et leurs opérateurs en raison de la recherche d'autonomie qui
entraine une diminution du nombre d'animaux et des quantités de céréales produites, avec une
baisse des consommations d'intrants (engrais, phyto, carburants, aliments du bétail...)
Des enjeux existent pour relancer des filières locales, compte tenu des coûts de transport
élevés.
Les atouts
:
Systèmes plus proches des attentes sociétales et qui peuvent prétendre à des mesures agrienvironnementales.
Systèmes qui évoluent vers une moindre dépendance, ce qui les rend plus robustes.
Complémentarité entre ateliers dans les systèmes polyculture élevage
Les contraintes
:
Accessibilité du pâturage
Parcellaire éloigné
Besoin de compétences multiples lié aux nombre d'activités différentes
Charge de travail nécessitant la recherche de solutions
http://www.haute-marne.chambagri.fr/kit/fileadmin/documents/elevage/prospective2020.pdf