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blog de jean-rené.maurouard

WW2 - Dieppe Raid

14 Juin 2010 , Rédigé par jr Publié dans #Prés de chez moi

 

Dieppe, une page sanglante de l’histoire

Par Alain Colombier

Le 19 août 1942, sur la plage de galets de Dieppe, en Normandie, s’écrivait en lettres rouges la page la plus sanglante et la plus controversée de l’histoire de l’armée canadienne.

La veille au soir, 4963 militaires, dont les fusiliers Mont-Royal, s’étaient embarqués d’une plage anglaise, de l’autre côté de la Manche, pour participer à ce qui ne devait être qu’une simple opération de commandos, prélude au grand débarquement qui eut lieu deux ans plus tard.

Quelques heures plus tard, seulement 2211 militaires canadiens devaient revenir en Angleterre et de ce nombre, 607 étaient blessés. Vingt-huit de ces blessés succombèrent à leurs blessures sur le sol britannique.

Les pertes totales de l’armée canadienne pour ce jour-là (tués, blessés, prisonniers) s’élèvent à 3369 hommes, dont 907 tués.

Les Fusiliers Mont-Royal, un régiment de Montréal, seule unité francophone parmi les commandos canadiens, perdit 346 des 503 hommes qu’elle engagea dans la bataille.

Et encore, parmi ceux qui revinrent en Angleterre, la plupart étaient sérieusement blessés, à commencer par le commandant des Fusiliers, le lieutenant-colonel Dollard Ménard, qui devait plus tard être promu général de brigade et qui avait été touché par le tir ennemi pas moins de cinq fois.

L’étendue du massacre est frappante si on considère que près de 1000 des survivants canadiens n’ont même pas pu débarquer sur le sol français. Ils ont été évacués sans avoir pu combattre.

Seulement 500 hommes ont donc pu être tirés de l’enfer des plages principales du raid, en face de la ville de Dieppe.

Pas moins de 1944 officiers et soldats canadiens, dont 558 étaient blessés gravement, furent faits prisonniers. Ils durent passer trois ans dans les camps nazis.

En fait, au cours d’une opération qui dura à peine neuf heures, il y eut plus de soldats canadiens faits prisonniers qu’au cours des onze mois de la campagne suivante dans le nord-ouest de l’Europe ou que durant les 20 mois de combats en Italie. Jamais l’armée canadienne n’avait subi, ni n’a subi par la suite, pareil désastre.

 

 

 

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