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blog de jean-rené.maurouard

Hauts et bas de la production laitière européenne

1 Juin 2010 , Rédigé par jr Publié dans #Actua Lait

vendredi 28 mai 2010

Les Allemands sont d'attaque, les Bretons un peu moins à la peine et les Danois dans le rouge.

Trois modèles divergents en Allemagne. André Pflimlin, ancien expert laitier à l'Institut de l'élevage, les a présentés, hier à Plérin, lors de la journée lait de la Confédération paysanne. Les 100 000 producteurs se partagent très inégalement la production de 28 milliards de litres de lait. Premier modèle, la Bavière avec ses éleveurs « Petit Poucet » dont la majorité des troupeaux ne dépassent pas 25 vaches laitières. Le contraste est saisissant avec les deux autres modèles.

« Au Nord, les troupeaux se situent plutôt entre 60 et 100 vaches, indique André Pflimlin, et les producteurs profitent du droit d'aînesse toujours en vigueur. Celui qui reprend l'exploitation verse une pension à ses parents mais ne doit rien à ses frères et soeurs. L'absence de remboursement sur la ferme lui apporte un avantage concurrentiel important en période de prix du lait bas ».

Troisième facette, celle des managers de l'ancienne Allemagne de l'Est. « Ils ont racheté pas cher d'anciens kolkhozes en faillite. Plus de 2 000 troupeaux dépassent 300 têtes. » Le marché des quotas a été entièrement libéralisé à l'échelle de l'ex-République fédérale à l'Ouest. Résultat : « les volumes ont migré de la Bavière vers le Nord » au grand dam des petits producteurs. Conclusion d'André Pflimlin : « La solide dynamique laitière européenne, c'est en Allemagne qu'elle se trouve ».

La Bretagne a atteint son point bas. 500 éleveurs des Côtes-d'Armor ont clos leur bilan, le 31 mars 2010, en fin de campagne laitière avec un prix moyen de 274 €/1 000 litres sur les douze derniers mois. Pour Laurent Marc, économiste au CER France des Côtes-d'Armor, « un prix aussi bas, c'est du jamais vu. On est loin du point d'équilibre à 315 €/1 000 litres ». Ce point d'équilibre intègre une rémunération de 20 800 € par actif agricole. Le revenu moyen était de 10 000 € par actif familial en 2009. Il faut relativiser ces moyennes, car 22 % des éleveurs avaient des revenus négatifs en fin d'année. Les prix remontent mais insuffisamment. Dans le meilleur des cas, les producteurs boucleront l'année avec un prix moyen entre 305 et 310 €/1 000 litres. Il n'y a pas eu « d'hécatombe » de fermes pendant le plus dur de la crise « car les producteurs se sont serré la ceinture en rognant sur les prélèvements privés ».

Les Danois dans le rouge. C'est pour certains le modèle à suivre. Il n'est pourtant pas au mieux de sa forme en ce début 2010. « Les producteurs se sont très lourdement endettés auprès des banques pour agrandir leurs exploitations, explique André Pflimlin. Les banques touchées par la crise des subprimes réclament maintenant le remboursement des capitaux et on assiste à des faillites d'élevages. »

Jean-Paul LOUÉDOC.SIAG_3127277_1_apx_470_.jpg

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