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blog de jean-rené.maurouard

Viandes, lait, céréales, la grande distrib se goinfre

26 Février 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

 

Enquêtes de Que Choisir, courses en hyper, tout le confirme: la loi de modernisation économique, loin de faire baisser les prix a permis aux distributeurs de bonifier leurs marges au détriment des producteurs et des consommateurs. Merci encore, Monsieur Sarkozy!



 
(C’est bizarre. Sans aucun doute un effet d’optique... Alors que nous, consommateurs, avons la fâcheuse impression de dépenser toujours plus en faisant nos courses, que l’Institut National de la Consommation publie une enquête portant sur 1430 produits… Dont la moitié s’est renchérie, Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’industrie et à la consommation, nous affirme, juré, craché, que les prix ont baissé... de 0,2% depuis l'automne! Et qu’importe si, sur l’année, ils ont augmenté de 2,4%!

Viandes : prix en hausse pour le consommateur et en baisse pour le producteur

L’an passé, les industriels et la grande distribution nous avaient expliqué doctement que la valse des étiquettes s’expliquait par la hausse du prix des céréales, du lait et des oléagineux. Curieusement, le fait que le cours des céréales ait chuté de près de 51% en 2008, que les oléagineux aient perdu 38% et que le lait soit revenu à un prix abordable ne semblent avoir aucune incidence sur le caddy de la ménagère. L’INC pointe même des augmentations de plus de 12,5% sur certaines pâtes. La faute à qui? Industriels et distributeurs se renvoient ad nauseam la patate chaude...

Ce n’est pas tout. Le mois dernier, l’UFC que Choisir rendait publique une enquête sur le prix de la viande. Conclusion ? Si le prix du boeuf a augmenté de 50% entre 1990 et 2008, le prix payé aux agriculteurs a, lui, chuté de 15%. En 20 ans, la volaille s’est renchérie de 40% et le porc de 26% alors que les cours de ces viandes ont respectivement baissé de 7% et de 30%. De là à dire que la grande distribution a engrangé de confortables marges sur le dos des agriculteurs et des consommateurs...

 
Plus hypermarchés = moins de concurrence
C'est d'ailleurs sans doute pour les remercier de ces comportements vertueux que le gouvernement a accordé à la grande distribution le cadeau de la LME (loi de modernisation économique). Une bagatelle législative qui leur permet, notamment, de s’implanter plus facilement dans les centres villes. Pourquoi cette faveur ? Parce que plus de grandes surfaces induira nécessairement plus de concurrence et donc une baisse des prix , pardi ! Mais si cet argument était valable, comment expliquer alors qu’avec un hypermarché pour 46 000 habitants, les prix pratiqués en France soient plus élevés qu’en Allemagne qui ne compte pourtant qu’une grande surface pour 51 000 habitants ?  
   
Marges arrières et paradis fiscaux

Même le député UMP Jean-Paul Charié président de la commission d’examen des pratiques commerciales, et rapporteur de la LME donc, peu suspect de gauchisme, déplore le peu d’effet de cette loi sur la baisse des prix! Le député épingle les pratiques de certaines enseignes de la grande distribution qui exigent que les fournisseurs leur versent des commissions sur des comptes sis dans des paradis fiscaux ou encore, que ces derniers signent des contrats « premium » assurant des marges de plus de 25% aux grandes surfaces !

Il faut croire que les pratiques occultes et les marges arrière ont la vie dure!

Mercredi 25 Février 2009 - 12:31
Isabelle Saporta

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