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blog de jean-rené.maurouard

Vilmorin : "La crise n'a pas d'impact sur notre activité"

30 Janvier 2009 , Rédigé par jr Publié dans #actualité agricole

Malgré la gravité de la crise économique, certaines entreprises échappent au marasme. C'est notamment le cas du groupe français Vilmorin. La demande pour les produits du quatrième plus important producteur de semences agricoles au monde reste en effet vigoureuse. A quelques jours de la publication de son chiffre d'affaires, explications avec Daniel Jacquemond, le directeur financier du groupe.

Capital.fr : quelles sont les répercussions de la crise sur l'activité de Vilmorin ?

Daniel Jacquemond : Pour l'instant, nous ne ressentons pas d’impact majeur sur notre activité. Lors de la campagne d'automne, les agriculteurs n'ont pas réalisé d'arbitrages importants entre les types de cultures et il semble que les surfaces de production soient stables. Concernant la saison de printemps, il est encore trop tôt pour se prononcer. Par contre, si la demande ne baisse pas en tant que tel, le risque s'est accru dans certains pays à cause des problèmes de financement. En Europe de l'Est, notamment en Ukraine et en Russie, nous craignons que des agriculteurs se retrouvent incapables de faire face à leurs engagements. Nous sélectionnons donc plus attentivement nos clients.

Capital.fr: Une des conséquences de la crise financière a été l'effondrement des cours matières premières agricoles. Cette évolution vous a-t-elle obligé à abaisser vos tarifs ?
Daniel Jacquemond : Il n'y a pas de lien direct entre la demande en semences et l'évolution des cours des matières premières alimentaires sur les marchés financiers. La chute des derniers mois n'a donc pas eu d'impact sur notre activité. A plus long terme, un maintien des prix à bas niveau pourrait créer des difficultés pour certains exploitants agricoles. Même dans un tel scénario, nous sommes relativement protégés car nous sommes très en amont dans la chaîne agro-alimentaire. Avant de réduire ses achats de semences, poste stratégique de son compte d’exploitation, un agriculteur commencera par couper dans ses dépenses de main d'œuvre, d'engrais ou d'eau.

Capital.fr : Vous maintenez donc votre prévision d'une croissance de votre chiffre d'affaires en 2008-2009…
Daniel Jacquemond : Cet objectif est toujours d'actualité pour l’exercice 2008-2009. Il faut toutefois rester prudent à moyen terme. Il est à craindre que notre secteur subisse un impact plus important de la crise durant les prochaines saisons. Mais, nos perspectives à long terme restent excellentes : l'évolution des habitudes de consommation alimentaires et la croissance démographique assurent un bel avenir à notre secteur d’activité. Et c'est sans compter les 900 millions de personnes ne mangeant pas à leur faim dans le monde. L’innovation nous permettra de répondre à cette demande en forte augmentation.

Capital.fr : Estimez-vous avoir une certaine responsabilité face à cette situation ?
Daniel Jacquemond : Ce thème nous tient beaucoup à cœur chez Vilmorin. Les investisseurs ne devraient pas pouvoir spéculer sur les prix des matières premières destinées à l’alimentation. Nous défendons le retour à une plus grande régulation des marchés agricoles mondiaux de sorte de limiter et d’encadrer la volatilité des marchés agricoles et ainsi contribuer à garantir la sécurité alimentaire des Etats.

Propos recueillis par Guillaume Dubois
 

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