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blog de jean-rené.maurouard

2020 Les systèmes autonomes ou la complémentarité entre les productions

17 Septembre 2010 , Rédigé par jr Publié dans #suivi de la ferme

 

Développement basé sur les systèmes de production autonomes, systèmes bien réglés,

productifs. Economie durable (peu sensible aux intrants), moins vulnérable.

Les exploitations produisent leurs fourrages, leurs concentrés, leur paille. Elles sont économes

en intrants. C’est un système complexe, diversifié. L’agriculteur est à la fois éleveur et

cultivateur, il peut posséder plusieurs ateliers en production animale. Il a des contraintes

d’organisation du travail, avec de la gestion de main d’oeuvre contraignante.

C’est un système en équilibre entre le système herbager et le système céréalier. Il peut

rapidement se transformer à l’occasion de l’arrivée d’un jeune, d’une reprise, car le capital à

investir est important et la gestion des relations humaines (salariés ou associés) n’est pas

simple. Ce système est aujourd’hui « poussé par un vent contraire » pour se spécialiser et être

plus rentable à l’heure de main d’oeuvre, donc avec une perte globale de production.

Postulat : on recherche la diminution des intrants et la baisse des charges opérationnelles.

Les bovins sont produits à l’herbe, sans azote et avec très peu de concentré. Il y a baisse de

productivité par vache.

Les assolements sont allongés. L’herbe est cultivée : foin, ensilage.

La production de viande s’extensifie. Avec des céréales chères, les ateliers d’engraissement

spécialisés n’ont pas le vent en poupe.

 

 

Descriptif

:

Ce scénario serait favorisé par une crise importante où l'augmentation du prix des produits

agricoles est très insuffisante pour compenser la flambée des intrants. Par conséquent, les

productions intensives (taurillon, lait hors sol...) et les systèmes spécialisés (tout herbe ou

100% céréales) sont remis en cause. Les agriculteurs cherchent à maximiser la

complémentarité entre production céréalière et élevage (céréales et paille pour l'élevage en

contrepartie du fumier pour les cultures). Les systèmes de polyculture élevage, adossés sur

plusieurs ateliers, résistent mieux à la volatilité des prix que les systèmes spécialisés. Les

éleveurs se reposent d'avantage sur l'herbe en optimisant la valorisation des surfaces par une

meilleure gestion du pâturage et la récolte de fourrages de qualité. Les chargements se situent

autour de 1,25 UGB/ha d'herbe, ce qui correspond à des systèmes autonomes en fourrages,

avec un faible niveau de fertilisation (0 à 30 u d'N/ha). Optimisation de la valorisation des

déjections animales en tant qu'éléments fertilisants. L'ensilage d'herbe est utilisé dans

certaines rations hivernales pour les vaches laitières. L'ensilage maïs est en régression

(conservé uniquement dans la moitié des systèmes laitiers et jamais en ration complète). Les

céréales autoconsommées sont préférées à l'achat d'aliments du commerce.

1. Installation / transmission

Pas d'accélération de l'agrandissement dans ce scénario; certains hésitent à reprendre des

surfaces éloignées du siège de l'exploitation; ce qui laisse des opportunités d'installation à

d'autres. La rentabilité des exploitations repose sur la technicité des agriculteurs pour produire

à faible coût, mais pas forcément sur de gros volumes.

En terme de transmission, des systèmes à taille modeste qui restent rentables dans ce scénario

sont plus faciles à transmettre.

2. Social

Ce scénario préserve un nombre d'exploitation et une main d'oeuvre agricole relativement

importants. L'orientation vers des systèmes de polyculture élevage multiplie les compétences

nécessaires et la charge de travail avec le nombre d'ateliers. Cependant, la recherche de

l'autonomie conduit les éleveurs des systèmes les plus intensifs à réduire leurs effectifs

animaux et des solutions sont recherchées pour alléger la charge de travail (itinéraires

simplifiés sur cultures, monotraites, alimentation hebdomadaire...).

3. Impacts sur l’environnement

Pas de retournement de prairies ou très peu (uniquement dans les systèmes tout herbe qui

recherchent un peu d'autonomie avec quelques ha de céréales)

Moins d'intrants consommés (fuel, engrais, phyto...) et recherche d'économie d'énergie ou

d'énergies nouvelles pour alimenter le fonctionnement de l'exploitation tout en étant

favorables à l'environnement (photovoltaïque, récupérateur de chaleur, éolien...)

4. Territoire

Impact positif grâce au maintien des herbages et d'un tissu d'exploitations avec une diversité

de systèmes. Maintien des herbages et entretien du paysage. Maintien du tissu rural.

5. Filières

Impact négatif sur les filières et leurs opérateurs en raison de la recherche d'autonomie qui

entraine une diminution du nombre d'animaux et des quantités de céréales produites, avec une

baisse des consommations d'intrants (engrais, phyto, carburants, aliments du bétail...)

Des enjeux existent pour relancer des filières locales, compte tenu des coûts de transport

élevés.

 

 

 

 

Les atouts

:

Systèmes plus proches des attentes sociétales et qui peuvent prétendre à des mesures agrienvironnementales.

Systèmes qui évoluent vers une moindre dépendance, ce qui les rend plus robustes.

Complémentarité entre ateliers dans les systèmes polyculture élevage

Les contraintes

:

Accessibilité du pâturage

Parcellaire éloigné

Besoin de compétences multiples lié aux nombre d'activités différentes

Charge de travail nécessitant la recherche de solutions

 

http://www.haute-marne.chambagri.fr/kit/fileadmin/documents/elevage/prospective2020.pdf

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